LA CAISSE DE GASPÉ FAIT PARLER D'ELLE

 Le 20 décembre 1997

Les victimes de la Caisse de Gaspé ont de quoi se réjouir. Elles vont enfin avoir l'occasion de se manifester sur la place publique. Cela permettra certainement à toute la population de la Gaspésie de s'exprimer aussi sur ce qu'ils savent de leurs caisses populaires ou sur des mésaventures qui leur sont arrivées personnellement. La Fédération des caisses de la Gaspésie et des Iles-de-la-Madeleine aura sans doute bien du travail pour sauver les apparences. Elle devrait consulter la Fédération de Lanaudière pour comprendre ce qui est arrivé à vouloir couvrir certains dirigeants de caisse.

Les réactions à la Caisse de Gaspé sont fort intéressantes. Peu habitués à ce que les actes notariés soient mis sur la place publique, les administrateurs et dirigeants cherchent déjà à se protéger en s'attaquant au Regroupement et à son porte-parole. Si les documents entre les mains du Regroupement ne sont pas complets, en particulier les actes notariés, serait-ce que les auteurs de ces derniers ont voulu cacher des choses? Serait-ce que les évaluateurs agréés qui font les rôles d'évaluation sont des incompétents?

Le Regroupement n'est pas étonné du tout que les vérificateurs du Mouvement interviennent dans ce dossier. On le savait à l'avance. Il faut dire toutefois, cas à l'appui, que ceux-ci ont développé une grande habileté en matière de camouflage. Il faut prendre pour exemple le travail de ces gens pour protéger l'ami du Président du Mouvement, André Roy, Président de la Fédération des Caisses de l'Estrie, qui est pris dans une affaire grave dont les détails vont être rendus publics très bientôt. Dans ce dernier cas, Alban D'Amour, le Vérificateur interne, aurait fait produire un rapport qui a blanchi Roy alors que les preuves documentées à la disposition du Regroupement et d'autres personnes vont démontrer que ce document est un faux, s'il existe, parce que jusqu'ici, même s'il en est fait état dans une lettre de Roy à Béland, lettre écrite à la demande de Béland pour le couvrir, les gens de Desjardins ont refusé de le rendre public jusqu'ici.

Ce même Vérificateur interne a aussi perdu la face au cours des derniers mois lorsqu'il a rendu public un rapport pour blanchir Jocelyn Proteau, le Président de la Fédération des Caisses de Montréal et de l'Ouest du Québec, pris dans des révélations encombrantes sur sa maison et sur un emprunt hypothécaire bien généreux. Comme les révélations de la Société Radio Canada se sont avérées tout à fait fondées, le Vérificateur interne tout comme Proteau sont dans l'eau bouillante. A quoi sert alors un Vérificateur interne?

Ce que les Québécois ne savent pas, c'est que Desjardins pratique l'autovérification dans les Caisses populaires. Ce sont des gens qui sont à son service qui font ce travail et sont donc juges et parties. Fait invraisemblable, les sociétaires des caisses populaires n'ont pas droit à une certification tout à fait indépendante et neutre au cours de laquelle des experts comptables vont pouvoir librement passer en revue toutes les opérations de leur établissement et faire rapport aux sociétaires et non aux administrateurs et dirigeants.

Que le Mouvement Desjardins mette des inspecteurs dans le dossier de Gaspé n'est aucunement surprenant, on l'a dit. C'est prévu dans la Loi sur les caisses. Ce qu'il faut savoir, c'est que le but de l'opération servira avant tout à sauver les apparences dans l'opinion publique, comme on l'a fait dans les deux autres occasions précitées.

La population de la Gaspésie doit commencer à se poser des questions sur la gestion des caisses populaires de sa région et sur le sérieux de leurs administrateurs et dirigeants. Quand on voit tous les efforts mis par la Fédération de la Gaspésie pour ne pas régler les dossiers des victimes, il faut conclure à la mauvaise foi de ces gens. Il y aura d'autres cas qui vont apparaître lorsque les gens vont réaliser qu'ils ont un mécanisme, le Regroupement, par l'intermédiaire de qui faire passer leurs dossiers. Il faut comprendre que l'intimidation, comme celle en cours à Gaspé, n'impressionne pas beaucoup les bénévoles du Regroupement. Ils sont maintenant habitués.

Les manoeuvres actuelles de la part de la Caisse de Gaspé sont menées dans le but évident de détourner l'attention. Ca chauffe et ils ne s'y attendaient pas se croyant au-dessus de la mêlée et libres de faire ce qui leur plaisait à l'insu de leurs sociétaires.

Les résidents de la Gaspésie doivent exiger des assemblées générales et des assemblées d'information, afin que la vérité sorte et que les administrateurs et dirigeants aient à rendre compte de tous leurs actes. Ca tombe bien car celle à la Caisse de Gaspé est censée se tenir en février prochain. La démocratie doit s'exprimer et les sociétaires ont droit de connaître tout sur leur établissement. Sinon, ils n'auront plus de raisons sérieuses d'y faire affaires, surtout s'ils souhaitent que leurs avoirs soient gérés d'une façon intègre, transparente, efficace et productive.

Le rapport des vérificateurs de Desjardins, on peut l'annoncer tout de suite, va conclure que les personnes mises en cause sont blanchies et n'ont rien à se reprocher! C'est ce qu'on appelle le camouflage organisé. Le Mouvement Desjardins ouvre la boîte de Pandore: intéressant! On a peur...

Il y aura d'autres révélations sur la Caisse de Gaspé en temps et lieu et sur d'autres Caisses.