Monsieur,
Je vous adresse cette lettre que je transmets également à tous les dirigeants de la caisse et les prie de la considérer comme si elle leur avait été adressée.
J'ai pris connaissance, à la mi-février, de votre réponse officielle concernant une demande d'aide qui vous avait été adressée, en novembre 1997, suite à une attaque tout à fait injustifiée et injustifiable de l'ex directeur-général contre des membres de votre caisse.
Je vous avouerai, dans un premier temps, que cette lettre me rappelle étrangement une époque à laquelle nous croyions, nous les membres de la caisse et citoyens de St-Ignace de Loyola, avoir mis fin définitivement le 30 septembre dernier à l'assemblée générale annuelle de la caisse ce qui, je dois malheureusement le constater, n'est pas le cas.
Je vous rappellerai, sans doute inutilement, qu'une partie très importante de vos membres et des citoyens de St-Ignace ont participé et soutenu, pendant l'été et l'automne 1997, une lutte visant à mettre fin à des pratiques discutées et discutables mises de l'avant par l'administration précédente. Qu'il est donc dommage de constater que vous ayez si rapidement oublié le but de cette lutte à laquelle beaucoup d'entre vous ont participé et que déjà, nous devions constater que les droits de vos membres ne pèsent pas lour dans la balance lorsque vient le temps de prendre des décisions.
Je vous rappellerai également, et sans doute tout aussi inutilement, que la direction de la caisse a émis un rapport à ses membres dans lequel la caisse s'engageait à protéger, entre autres, la liberté d'expression et la pratique des droits démocratiques par les membres etc... etc...
Je vous rappellerai que la grande majorité des reproches contenus dans la requête de Robert Bilodeau contre des membres de la caisse le sont pour des propos tenus dans des assemblées dûment convoquées par la caisse populaire Desjardins de l'Île St-Ignace.
Je vous rappellerai, enfin, que chacune des interventions faites "dans vos assemblées" respectaient intégralement les droits des membres et des dirigeants ainsi que la démocratie qui devrait prévaloir dans le Mouvement Desjardins et qu'il n'y avait absolument aucune matière à poursuite de la part de qui que ce soit. Monsieur Lépine, le signataire de la lettre contenant votre réponse (??), n'a-t-il pas lui-même déclaré de ne pas nous inquiéter, que nous n'aurions que des avocats à payer???
Or, votre réponse semble malheureusement confirmer que les principes que vous mettez en application sont à l'opposé de ceux que vous nous avez déclaré vouloir protéger dans votre rapport du 14 janvier dernier.
Je peux très difficilement m'expliquer qu'il ait fallu deux mois et demi pour nous annoncer que notre demande qui a été faite, je vous le rappelle, à votre suggestion était irrecevable. La seule déduction logique que nous puissions faire devant une telle situation est que la direction de la caisse n'a pas osé répondre avant la remise du rapport du conseil de vérification et de déontologie de peur d'être vertement critiqué par les membres. Croyez-vous vraiment que vous n'aurez pas à répondre de cette décision avant l'assemblée annuelle de septembre prochain?
La lettre de monsieur Lépine nous informe que votre décision est basée sur le fait que vous considérez que les membres sont responsables de la façon dont ils s'expriment et des termes qu'ils utilisent. Je dirai que votre raisonnement est, pour le moins, très simpliste.
Dois-je vous rappeler mesdames et messieurs les dirigeants que madame Hart, qui est un membre de votre caisse, n'est poursuivie que pour avoir assisté aux assemblées et n'avoir pas empêché certains membres de s'exprimer et qu'aucune accusation n'a été directement portée contre elle? Si VOUS aviez été poursuivi pour cette simple raison, auriez-vous toujours le même raisonnement?
Dois-je vous rappeler, mesdames et messieurs les dirigeants, que Services Financiers Gilbert Roy est poursuivi pour la seule et unique raison que cette compagnie est la propriété de l'un de vos membres qui a "osé" exprimer le mécontentement de l'ensemble des membres, et le vôtre, sans qu'aucune accusation ne soit portée contre elle, dans le simple but de faire le plus de tort possible à un de vos membres? Si votre compagnie ou celle de votre conjointe était poursuivie pour cette même raison, auriez-vous toujours le même raisonnement?
Quant à Gilbert Roy, Constant Valois et Marc Cournoyer dois-je vous rappeler, mesdames et messieurs les dirigeants, que ce qu'ils ont déclaré reflétait l'opinion d'une très grande majorité de membres et de citoyens dont celle de plusieurs d'entre vous qui ne vous êtes pas gêné lors de ces mêmes assemblées pour manifester votre appui à leur démarche?
Ce que traduit malheureusement votre décision est que les membres, même en assemblée dûment convoqués par la caisse, ont intérêt à ne pas critiquer la caisse et ses dirigeants puisqu'ils risquent de voir l'un d'eux les poursuivre sans raisons valables, par simple vengeance, en sachant que la direction va se croiser les bras "parce que chacun est responsable de ce qu'il dit(???)". Pire encore, les membres ont intérêt à ne pas participer aux assemblées puisqu'ils peuvent être poursuivis parce qu'ils ont assisté à une assemblée et qu'ils n'ont pas empêché les critiques. S.V.P. pourriez-vous m'expliquer cette logique"??? Cette logique ne ressemble-t-elle pas beaucoup plus à celle d'une Fédération qui ne désire pas que SES caisses soient critiquées? Et vos concitoyens dans tout cela? Les membres de VOTRE caisse?
C'est ça le système coopératif et démocratique
que vous avez le devoir de protéger et à la tête duquel
vous avez été élu (ou nommé)???
Monsieur Lépine m'a également avoué que la
caisse ne voulait pas de précédent, ce que je trouve également
totalement aberrant.
Je vous rappellerai, ainsi qu'aux autres membres de la direction de la caisse, ce qui suit:
Les membres de notre caisse ont créé un précédent en se levant pour préserver leurs droits et mettre fin à des injustices flagrantes qui ont été "en partie" réparées à ce jour.
La caisse de St-Ignace et la Fédération de Lanaudière ont dû créer un précédent, sous la pression des membres, en mettant à la porte un directeur-général non seulement de la caisse mais du Mouvement Desjardins.
La caisse de St-Ignace crée un précédent en ne poursuivant pas la ou les responsables de la signature d'une entente tronquée entre la caisse et l'ex directeur-général lors du départ de ce dernier, ouvrant ainsi la porte à une poursuite insensée contre des membres de la caisse. Dans ce sens, la direction de la caisse est responsable de ce qui arrive. Avez-vous l'intention de l'ignorer, d'ignorer vos responsabilités?? Devons-nous, nous aussi, aller pleurer et implorer??
La caisse de St-Ignace crée un précédent en refusant, à ce jour, d'engager des poursuites pour récupérer des fonds qui ont été dilapidés de façon abusive en frais d'honoraires d'avocat, pour ne citer qu'un exemple.
CEPENDANT LA CAISSE DE ST-IGNACE "NE VEUT PAS CRÉER DE PRÉCÉDENT" EN APPUYANT SES MEMBRES QUI SE SONT EXPRIMÉS LORS DE CES ASSEMBLÉES????
Il est très curieux de constater que les responsables des déboires de la caisse, les véritables responsables, soient à toute fin pratique protégés et/ou blanchis par la caisse, alors que les membres qui ont fait leur devoir soient laissés à eux-même par ceux-là même qui ont été élus pour assurer le bon fonctionnement de notre coopérative???? Êtes-vous certain de travailler dans l'intérêt des membres? Cela me rappelle drôlement l'assemblée du 17 septembre 1997 alors que la confédération, en collaboration avec nos ex-dirigeants, ont utilisé avocats, policiers, agents de sécurité et porte-parole du Mouvement pour protéger LE SYSTÈME. Ne trouvez-vous pas??
La caisse de St-Ignace ne crée pas de précédent en cachant aux membres que la situation financière de la caisse est dans un piteux état. Va-t-on tenter de nous camoufler ce fait de toutes les façons possibles lors de la prochaine assemblée générale (pas nécessairement en septembre prochain)?
La caisse de St-Ignace a refusé de créer un précédent en protégeant ses anciens dirigeants, dans son rapport remis aux membres, de dénonciations dont ils auraient pu faire l'objet pour des actes qu'ils avaient ou n'avaient pas posé et qui ont été préjudiciables aux membres et/ou à la caisse.
La caisse de St-Ignace ne crée pas de précédent, en ne prenant pas les mesures pour poursuivre les responsables de la débandade financière de la caisse, ne serait-ce qu'au niveau des prêts hypothécaires douteux que l'institution a faite ces dernières années.
La caisse de St-Ignace ne crée pas de précédent en tournant carrément et officiellement le dos aux déclarations qui ont été faites dans le rapport du 14 janvier dernier et ce, quelques jours à peine après l'avoir remis.
Monsieur Poirier, mesdames et messieurs les dirigeants, ceux qui me connaissent savent que je suis un homme de principe et d'honneur. En septembre dernier, j'ai promis à la direction de la caisse une trève pour permettre aux nouveaux conseils de se mettre en place, de faire l'enquête prévue, d'apporter les correctifs nécessaires et, enfin, lui permettre de démontrer que les choses avaient changé à la caisse. J'espère que vous n'avez pas eu la naïveté de croire que cette trève serait éternelle et que je resterais les bras croisés devant ce qui se déroule actuellement à la caisse. Je peux vous affirmer que ce ne sera certainement pas le cas et cette lettre en est la première démonstration.
Il y a eu trop d'efforts faits et trop de bonne volonté démontrée pour laisser les choses redevenir ce qu'elles étaient. Il est facile de faire état de beaux principes, encore faut-il les appliquer... Le dossier de la poursuite de Robert Bilodeau n'est qu'un exemple des attitudes qui ont été vertement dénoncées en 1997 et qui semblent vouloir refaire surface.
Preuve supplémentaire du retour des mauvaise habitudes, le dossier Lyne Hart qui semble être encore l'objet de "mesures spéciales"(??). Je vous expédie dès lundi une lettre à ce sujet.
Compte tenu des apparences et des décisions annoncées à ce jour, je dois malheureusement soupçonner que les décisions que vous prenez vous sont "inspirées par des analyses (biaisées)" qui se veulent à l'avantage des autres instances du Mouvement Desjardins et non à celui de notre (ou votre) caisse proprement dite et de son rétablissement tel que désiré par les membres. Malheureusement, VOUS SEREZ LES SEULS À DEVOIR RÉPONDRE de ces décisions. Ceux qui semblent vous avoir inspiré ces décisions rediront encore ce qui a déjà été entendu: "Nous on a pris les décisions, ce sont vos directeurs qui l'ont fait. On a fait que les informer(????)"...
En janvier dernier, lors de la remise de votre rapport, j'ai déclaré que je comptais sur votre bonne foi. Quelques jours plus tard, commençait un volte-face que je considère planifié et qui est préjudiciable à, tout au moins, certains de vos membres. En attendant que le bon vieux système revienne??
En espérant que vous et les autres dirigeants prendrez en
considération la présente lettre, dans l'intérêt
de notre caisse et de ses membres, sachez que je suis disponible pour rencontrer
la direction en groupe et/ou les dirigeants en particulier, s'ils le désirent,
pour échanger nos points de vue. Cette caisse n'appartient pas aux
dirigeants et/ou à la Fédération ou Confédération.
Elle appartient à chacun de ses membres qui ont droit de s'attendre
que leurs dirigeants travaillent pour eux, peu importe ce que LE SYSTÈME
(Fédération et Confédération) en pense.
Bien à vous
Gilbert Roy, membre (Folio 4479)
c.c. Tous les dirigeants et toutes les personnes et/ou organismes poursuivis par monsieur Robert Bilodeau; M. Rolland Granger, Fédération des caisses populaires de Lanaudière
