LE PRÉSIDENT DU MOUVEMENT DESJARDINS, CLAUDE BÉLAND,  A DEMANDÉ AU PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION DES CAISSES DE L'ESTRIE ET AMI PERSONNEL, ANDRÉ ROY, DE LE COUVRIR FACE AUX RÉVÉLATIONS DU REGROUPEMENT

16 décembre 1996

Depuis mars 1996, le Regroupement n'a jamais cessé de mettre en évidence de nombreuses situations de conflits d'intérêts dans le Mouvement Desjardins, plus particulièrement au niveau des Caisses Populaires. Lors d'une conférence de presse tenue à Sherbrooke en mars 1996, il avait illustré cette situation par des cas de la région de l'Estrie. Depuis, il n'a cessé d'accumuler d'autres preuves dans plusieurs régions de la Province, ce qui nous amène à conclure que c'est un problème dominant chez Desjardins en commençant par les Conseils d'administration des Caisses Populaires elles-mêmes.

Il faut comprendre que l'exemple vient de haut puisque le Regroupement vient de fournir aux médias la preuve irréfutable que le Président de la Fédération des Caisses de l'Estrie est lui-même pris, depuis quelques années déjà, dans une situation grave de conflit d'intérêts où des personnes de l'Estrie ont perdu énormément d'argent dans un projet immobilier où ce personnage a été impliqué directement à plus d'un titre. Ainsi, en plus d'être professeur à la Faculté d'administration de l'Université de Sherbrooke, d'avoir son propre bureau de consultants (André Roy & Associés), d'être administrateur puis président de la Caisse Immaculée-Conception à Sherbrooke, il est, à partir de 1991, Président de la Fédération. Fait plus grave toutefois: il a été, à partir d'au moins le 3 mai 1988 jusqu'au 15 mars 1991, vice-président exécutif et directeur général de Planiservice Estrie Inc., firme impliquée dans les projets Tours de Liesse. Un autre communiqué du Regroupement, émis en parallèle, explique les dessous de ce dossier avec documents pour appuyer les découvertes. Ils peuvent être obtenus du Regroupement suite à une demande écrite.

Avant de présenter sa conférence de presse à Sherbrooke en mars 1996, le Regroupement avait adressé une longue lettre à André Roy, démontrant que celui-ci et sa Fédération avaient couvert des opérations bien peu régulières commises dans certaines des Caisses sous sa responsabilité, en particulier Sherbrooke-Est, caisses en vedette même auprès des Parlementaires de ce temps-ci. La conférence de presse de mars 1996 par le Regroupement a déjà révélé des faits compromettants. Le Président de la Fédération n'a jamais répondu à cette lettre. Trop compromettant, sans doute! En septembre 1996, le Regroupement a de nouveau écrit à ce personnage, toujours en tant que Président de la Fédération des Caisses de l'Estrie. Jusqu'à maintenant, il n'a pas accusé réception ou répondu à ces lettres ou pris des mesures pour réparer les préjudices causés aux victimes. Sa seule réaction a été une poursuite personnelle contre le porte-parole du Regroupement, une mesure d'intimidation de toute évidence. Geste venant de lui-même ou de conseillers en mal de se débarrasser de lui à Sherbrooke??? Qui sait!

Or, voilà que le Président du Mouvement Desjardins, M. Claude Béland, sans doute inquiet de voir son grand ami perdre toute crédibilité auprès des dirigeants du Mouvement suite aux révélations publiques du Regroupement, a demandé à André Roy de lui produire une lettre expliquant la nature de ses activités chez Planiservice Estrie Inc. Dans une lettre datée du 29 septembre 1996, dont le Regroupement a copie, ce dernier explique à son ami Béland qu'il a une firme de consultants André Roy & Associés depuis 1987 et qu'elle servirait principalement pour ses publications en management, qu'il a eu des mandats de consultation auprès de Planiservice Estrie Inc. Il dit: "...Cette firme était en voie d'organisation et requérait des services d'ordre professionnel..." Dans la lettre, il ajoute quelques autres arguments. Il dit aussi: "...mon travail s'est limité au secteur de l'organisation interne de la gestion..." Il réfère aussi à des conférences qu'il aurait donné à des personnes invitées par Planiservice. Il dit là aussi: "...Ces conférences ne touchaient aucun placement en particulier et voulaient surtout amener les gens à planifier leur retraite en gérant mieux leur budget. Mais aucune allusion n'était faite pour encourager quelque forme de placement que ce soit." Tout cela est factice, constituant une manoeuvre de cover-up tout simplement! Visiblement, on ne croyait pas que tous ces documents allaient devenir publics un jour ou l'autre.

Il faut se surprendre que ce M. Roy allègue, dans la lettre précitée qu'il n'avait eu aucune rôle dans la décision des personnes d'investir dans le projet les Tours de Liesse. Il était bel et bien un personnage central dans la vente des condos, en plus d'être dans la direction de la Caisse qui a participé directement au financement des condos. Que faut-il de plus? Il est étonnant de constater que M. Roy lui-même a acheté des actions par le biais de Planiservice Estrie dans une société en commandite, Slater et/ou Meighen, dans la région d'Ottawa, sur recommandation de la firme Veilleux, Charlebois, elle-même impliquée étroitement dans la vente des condos dans le projet Les Tours de Liesse, avec système de commissions ou d'honoraires.

Cette lettre de Roy à Béland constitue une tentative de camouflage du rôle véritable de André Roy dans toutes ces affaires et dans d'autres touchant la Fédération des Caisses de l'Estrie. Les faits documentés par le Regroupement contredisent entièrement le contenu de cette lettre. Considérant les documents disponibles au Regroupement, André Roy et Claude Béland se sont livrés à un exercice de déformation des faits pour éviter que soient révélés les vrais dessous des activités de Roy qui portent préjudice non seulement aux sociétaires de la Caisse Immaculée-Conception, mais aussi aux victimes lésées dans cette aventure tout autant qu'à l'ensemble du Mouvement Desjardins. Ce dossier montre jusqu'à quel point on est prêt à fabriquer des faux pour sauver les apparences et pour protéger les dirigeants en place. Plus étrange encore, voilà que le Service d'inspection de la Confédération aurait produit un rapport d'enquête à la demande de la Fédération. Si l'on en juge par le contenu de la lettre, ce rapport n'avait comme seul but que de servir à détourner l'attention des faits, donc à mentir à la population de l'Estrie et du Québec en général. Un rapport-bidon, quoi! Pourquoi n'ont-ils pas tenu compte, pour la production de ce rapport, des documents mis en circulation par le Regroupement? Ils avaient déjà pourtant des indices plus que probants à retenir dans ceux-ci.

Il est temps que la vérité éclate au moment où le Mouvement Desjardins, avec l'appui complice du Gouvernement du Québec, tente de faire adopter à toute vapeur, des modifications à la Loi sur les caisses d'épargne et de crédit, modifications qui passent tout à fait à côté des problèmes de fond vécus présentement dans cette organisation. Faudra-t-il encore beaucoup de temps avant que les Québécois soient informés des faits, la transparence étant totalement absente chez les dirigeants du Mouvement Desjardins à tous les paliers et qu'ils aient à juger les responsables ui mettent en danger les avoirs et qui plus est, les exploitent depuis longtemps à leur insu? Où s'en va-t-on au Québec présentement? Est-ce que c'est cela la justice ou est-ce plutôt celle de ces parvenus qui sont assis sur des postes de direction aux seules fins d'y profiter des pouvoirs et privilèges du système?

Le Regroupement n'a pas fini d'en révéler au public autour de ce cas... Il met en cause des individus certes mais aussi la Caisse Immaculée-Conception et la Fédération des Caisses de l'Estrie qui a couvert d'autres affaires plus que scandaleuses dans la région. Le cas de la Caisse Sherbrooke-Est n'est toujours pas résolu et celle-ci continue à duper la population de la région et ses sociétaires, Caisse impliquée dans une fort grave affaire de fabrication de faux, dont il a été démontré par la Cour que des dirigeants, même avocats, ont sciemment participé à sa construction. Bien d'autres révélations à venir...!