Québec, le 8 mars 1996
Monsieur,
Lorsque vous aurez lu la présente lettre, votre premier réflexe sera certainement celui de chercher à détourner l'attention par tous les moyens imaginables. Ce sera sans doute une erreur parce que le Regroupement des victimes des caisses populaires révélera tout un ensemble de cas et de faits relativement à ce qui se passe dans votre milieu dans diverses régions de la Province. Bien entendu, vous devez comprendre que la présente n'est pas envoyée au hasard et sans étude préalable. Tous les dossiers reçus sont analysés en profondeur. Les victimes qui font partie du Regroupement ont toutes des dossiers fort étoffés. Vous tenterez sans aucun doute de vous en prendre au messager, ce qui ne sera pas une première. Vous devrez vous rappeler que le soussigné n'est qu'un messager parmi d'autres dans le regroupement. D'autres signeront des documents au cours des semaines et des mois à venir. Le Mouvement Desjardins peut prendre deux voies à compter de maintenant: soit tenter de continuer à camoufler les faits avec la perte de crédibilité que cela entraînera dans la population avec toutes les révélations qui découleront des travaux du Regroupement, soit prendre les moyens pour régler au plus vite les dommages imposés aux victimes de votre Mouvement et procéder à une réorganisation en profondeur de façon à ce que la population puisse être assurée que ses biens sont gérés selon les règles les plus rigoureuses du milieu des institutions financières. Le Regroupement saura montrer à la population jusqu'où peut aller une organisation qui a perdu complètement le sens des intérêts de sa clientèle pour satisfaire plutôt certains intérêts particuliers, et cela toujours aux frais des sociétaires.
Au cours des années récentes, les médias n'ont cessé de porter à l'attention publique des affaires de plus en plus inquiétantes relativement au Mouvement Desjardins. Votre Fédération a déjà été en vedette. Il est étonnant de constater le silence de votre Fédération concernant notamment le cas Proteau et d'autres affaires que nous savons qu'il vous est impossible de n'avoir pas pris connaissance. Il est aussi remarquable de constater comment le système judiciaire a été utilisé par le milieu des Caisses pour camoufler la vérité ou encore monter de véritables complots contre des sociétaires. Le cas Proteau n'est, sans l'ombre d'un doute, que la pointe de l'iceberg en la matière. Et lorsqu'on met côte à côte des dossiers connus dans d'autres régions, il est étonnant de remarquer la ressemblance des pratiques auxquelles recoure votre milieu et leurs conséquences sur les sociétaires qui ont démasqué les actes plus que douteux dont se rendent coupables des dirigeants de caisses populaires.
Vous n'êtes pas sans savoir qu'il a existé et qu'il existe toujours, dans le Mouvement Desjardins, notamment dans les Caisses, des situations de conflits d'intérêts documentés, de mensonges évidents, et dans le cas Proteau à titre d'exemple, de fabrication de faux documents, fait reconnu par la Cour. On sait aussi qu'il y a des pratiques de camouflage et d'intimidation sous plusieurs formes, et tout cela, toujours aux frais des sociétaires, et cela à leur insu, les états financiers tels que construits, permettant d'empêcher ceux-ci d'avoir une vision exacte et juste de la situation.
Entrons maintenant très sommairement, et surtout partiellement, dans quelques aspects du dossier de la Caisse Populaire Sherbrooke-Est. Il ne faudra pas oublier qu'on a pu lire une vaste documentation fort explicite avant de rédiger la présente. C'est un fort beau cas qui a malheureusement des copies conformes ailleurs au Québec avec, bien entendu, des variantes. Ainsi, comment se fait-il que votre Fédération n'a pas pris position devant le fait que cette Caisse a induit en erreur ses propres sociétaires en déclarant dans son rapport annuel du 31 octobre 1994 qu'elle avait gagné sa cause contre Proteau alors que le Tribunal reconnaissait la Caisse coupable de procédure abusive, d'allégués faux et d'actes irréfléchis. Il est étonnant que vous, M. le Président, étiez au courant que M. Aubé s'était parjuré puisqu'on vous a fait parvenir une copie de l'interrogatoire de cet individu daté du 25 juin 1992. D'ailleurs, vous avez accusé réception de cet envoi! Pourquoi alors, répétons-le, n'avez-vous pas pris position? La Cour a accordé 1000$ en dédommagement à Proteau avec dépens: pourquoi avoir continué à induire les sociétaires en erreur? Pourquoi continuer à vous défiler puisque le jugement a été rendu le 2 septembre 1994 et que vous et les gens de la Caisse le saviez très bien? N'est-ce pas sciemment mentir?
Ce même document a été signé par l'avocat président de la Caisse, Me Gilles Coulombe. De plus, il a été clairement établi par la Cour que Aubé, Directeur du crédit de la Caisse Populaire Sherbrooke-Est, a fabriqué consciemment un faux affidavit afin d'amener Proteau à négocier avec la Caisse. C'est ce qu'on appelle se mettre en position de force pour forcer un sociétaire à négocier, a-t-il affirmé à la Cour! Drôle de raisonnement, n'est-ce pas? Compte tenu de l'ampleur des sommes en cause, comment cet individu pouvait-il agir de sa propre autorité sans obtenir l'aval officiel, donc par résolution du Conseil d'administration de sa Caisse?
De plus, la fabrication de cet affidavit par Aubé et l'avocat Desrosiers démontrer qu'on peut abuser des procédures judiciaires puisque le Tribunal a octroyé à Proteau seulement 1000$. D'ailleurs, il a aussi été établi devant la Cour que Me Desrosiers a contribué lui-même dans la fabrication de ce faux affidavit. Mensonge et complot, qu'en pensez-vous?
L'analyse du dossier Proteau permet de suivre à la trace de quelle façon a pu se construire un tel complot. Plusieurs acteurs y ont contribué: mais pour quelles raisons exactement? Il est étonnant de remarquer que M. Côté, Directeur général de la Caisse, a été l'artisan en tant que commissaire à l'assermentation de l'utilisation et de la fabrication d'un faux affidavit. Comment d'ailleurs se fait-il qu'une personne, en autorité mais aussi en conflit d'intérêt, ait été à la fois commissaire à l'assermentation et responsable des opérations financières de la Caisse et supérieur hiérarchique de Aubé?
Comment se fait-il que l'avocat de la Caisse, Me Guy Desrosiers, dans une lettre adressée à Gilles Côté, Directeur de la Caisse, déclare ne pas avoir conseillé à Aubé de se parjurer? Étonnant, n'est-ce pas? Alors, comment expliquer qu'un avocat tel que Me Desrosiers ait présenté à un Juge de la Cour Supérieure un tel document le sachant sciemment faux? Comment se fait-il que celui qui a fabriqué et utilisé ce faux document, c'est-à-dire Aubé et Desrosiers, n'ont pas même pas été conduits en justice? Est-ce que fabriquer un faux document ne vaut que 1000$? Il faudra expliquer au public que de telles pratiques, c'est-à-dire signer une fasse déclaration à une Caisse populaire ou à une institution, ne vaut pas plus.
Il est à se demander s'il y a une justice pour les riches et les groupes d'intérêt et une autre pour les simples individus. Il est troublant de constater que les gens normaux, une fois accusés dans notre système, se doivent au moins d'être acquittés ou reconnus coupables devant ce Tribunal. Comment se fait-il que la justice n'ait pas commencé par celui qui avait déjà avoué s'être parjuré? Il sera intéressant d'examiner cela dans le cadre de tous les autres dossiers relatifs à des affaires de caisses populaires à travers la Province. Il y a déjà plusieurs similitudes notables qui tiennent pour une part à une interprétation bien curieuse ou encore à des dérogations évidentes de la Loi sur les caisses d'épargne et de crédit. Des juristes chevronnés et sans lien d'aucune façon avec votre milieu pourront aider le public à mettre en évidence tout cela. Tout comme des dizaines d'autres affaires dans la Province, il est étonnant de découvrir à quel point des notaires et des avocats sont omniprésents dans la direction de caisses populaires. Vous trouvez sans doute cela normal! Mais dans l'intérêt de qui exactement?
Pour illustrer quelque peu comment on peut monter un complot, prenons seulement quelques exemples dans le cas Proteau. Nous constatons que même le Président de la Caisse, Me Gilles Coulombe, a lui-même signé la résolution demandant qu'une saisie avant jugement soit effectuée sur les comptes de banque de Proteau, sachant fort bien qu'il exposait Aubé à un parjure ainsi qu'à la fabrication et à l'utilisation de faux documents. Comment se fait-il que Me Claude Gagnon, notaire, ait lui aussi signé cette résolution quand lui-même a été le notaire instrumental dans quelques transactions de Proteau et/ou de ses compagnies? Curieux, trois hommes de loi, dans cette affaire, ne pouvaient pas ne pas savoir ce qu'était un affidavit et les conséquences d'une saisie avant jugement. Si une telle chose arrivait à un simple citoyen ordinaire, il serait immédiatement condamné. Comment Me Gagnon a-t-il pu prétendre devant la Cour qu'il ignorait ce qu'était un affidavait? Pourquoi les juges dans cette affaire ont-ils omis des faits majeurs au moment de rendre leurs décisions?
Nous avons eu le privilège d'analyser la situation financière du sociétaire Proteau et de ses comapgnies. L'expérience la plus élémentaire en gestion de sociétés a permis d'établir hors de tout doute, par un rapport du Ministère de la Justice, que la Caisse, comme elle peut le faire pour tout autre client, avait raison de rappeler ses prêts en tout temps, normalement avec des motifs raisonnalbes et fondés, mais surtout, elle note que la Caisse en question ne pouvait justifier une saisie avant jugement alors qu'elle aurait pu simplement prendre une action ordinaire et démontrer le bien-fondé de sa démarche. Pourquoi avoir choisi une telle procédure abusive aux frais des sociétaires et, en plus, pourquoi mentir?
L'analyse des états financiers précités démontre hors de tout doute que la santé financière des compagnies de Proteau et de ses associés était très bonne. D'ailleurs, pourquoi cette Caisse a-t-elle fait des prêts à ces compagnies si elles n'étaient pas en bonne santé financière? Pourquoi d'ailleurs la Caisse de Sherbrooke-Est achetait-elle ses assurances par le biais d'une des compagnies de Proteau? Pourquoi l'a-t-on accusé de choses, comme de produire des chèques sans fond alors que la Cour a bien montré que cela était faux? Pourquoi l'avoir traité comme un véritable criminel du jour au lendemain? Qui avai(en)t intérêt à détruire Proteau? Quel a été votre rôle dans tout cela? Nous le saurons certainement bientôt!
Il a été clairement établi que Proteau, dans la résolution du Conseil d'administration de ladite Caisse, le 12 juin 1990, détenait, à tout le moins, des sommes d'argent en dépôt à terme au montant de 58 000$ à cette date. N'est-ce pas un actif tangible? Les états financiers montrent aussi de façon évidente la liste des actifs en possession de Proteau seul ou avec ses associés. Pourquoi tous ces efforts mis à empêcher pour que les états financiers de Proteau et de ses entreprises soient rendus publics? Encore une fois, un montage pour nuire à quelqu'un! L'avocat et président de la Caisse de Sherbrooke-Est savait aussi parfaitement que l'émission d'une saisie avant jugement sur les faits allégués était faux et porterait un dur coup à Proteau et à ses entreprises puisqu'on allègue qu'il n'avait plus de biens au Canada, ce que la Cour a clairement démenti en plus de la prétention de fraude à son égard. La Cour a ainsi établi, hors de tout doute, qu'il n'y avait pas eu de fraude ni l'intention de frauder de la part de Proteau. Pourquoi, M. le Président, n'avez-vous pas pris position dès ce moment-là? Il faudra aussi demander ce que tout cela a coûté. Aurez-vous l'honnêteté de divulguer tous les coûts reliés à cette affaire au civil et les honoraires encourus par la Caisse dans cette affaire qui est aussi en Cour au niveau criminel? La Fédération a certainement aussi investi des frais judiciaires dans toute cette saga. Pourquoi avoir peur de dire aux sociétaires la nature des coûts réels et des motifs qui ont mené jusqu'à ces démêlés judiciaires? Qui avaient intérêt à discréditer ainsi Proteau? Il n'est point besoin d'être avocat, juge ou notaire pour montrer qu'il y a sous ce dossier quelque chose de profondément malsain, n'est-ce pas?
Nous espérons, M. le Président, que vous-mêmes n'êtes pas impliqué ni directement ni indirectement dans cette saga ou dans d'autres. N'avez-vous pas été, M. le Président, ou l'êtes-vous encore, Vice-doyen de la Faculté d'administration de l'Université de Sherbrooke et peut-être même, le patron du Professeur Gilles Coulombe? Comment un avocat, tel Me Coulombe, peut-il dire sans scrupules, à l'émission du Point du 17 mai 1995 "oui nous avons commis un faux, mais nous l'avons surtout subi..." et que le Tribunal a condamné la Caisse à 1000$? Ne se trouve-t-il pas à se décharger de ses responsabilités en mettant la responsabilité sur le dos de l'avocat de la caisse et de son Directeur du crédit? Étrange comportement, n'est-ce pas?
Suite à l'émission du Point, les journalistes ont découvert que Aubé a été payé pendant deux ans et demie par ladite Caisse et que, suite à cette découverte, Gilles Coulombe, par l'entremise du journal la Tribune a fait une déclaration publique à l'effet qu'il ne voulait plus de son Directeur de crédit. Étrange coïncidence, n'est-ce pas? Cela est arrivé une fois que les accusations portées contre Aubé aient été suspendues. C'est peut-être payé fort cher le silence d'Aubé!
Comment, moralement et professionnellement, se fait-il que vous-même comme Président de la Fédération, n'ayiez pas pris position vis-à-vis une injustice flagrante? Seriez-vous complice par hasard? Ce cas, dont nous ne faisons que débuter l'exposé public, montre qu'on a sacrifié les intérêts des sociétaires contre la vérité mais surtout pour satisfaire l'image du tout puissant Mouvement Desjardins en privilégiant un réseau d'individus dont les seuls intérêts sont orientés vers eux-mêmes.
Comment se fait-il que la Fédération et la Caisse de Sherbrooke-Est n'aient pas, sur le champ, en 1990, suspendu ou congédié tout simplement Aubé sachant que le cas Proteau n'était qu'un des cas dans lesquels cet individu était impliqué? Cet individu était mêlé à plusieurs affaires avec des associés, recevait même des pots de vin, faits avoués et enregistrés par un de ses associés, Serge Bolduc, et se mettait en situation de conflits d'intérêts multiples en prêtant à ses associés ou encore en négociant pour eux des prêts dans d'autres caisses de la région. Au vu et au su de tout le monde, votre Fédération a laissé se poursuivre ces magouilles sans intervenir. Quel fut exactement votre rôle dans toutes ces combines? Il est peut-être temps que VOUS METTIEZ VOS CULOTTES ET PRENIEZ VOS RESPONSABILITÉS. Notez que ces affaires ne sont pas uniques à la région de l'Estrie mais, comme on le montrera en public, il y a d'étranges similitudes avec d'autres Fédérations de la Province.
Il est étonnant de découvrir aussi que ce même Aubé a fait cession, à titre personnel, de ses biens et que la Caisse a continué de le payer, rappelons-le, pendant deux ans et demie, et ce, sachant que trois caisses en ont fait les frais. Curieux, n'est-ce pas? Les dossiers montrent aussi que des sommes considérables ont été prêtés à Aubé par la Caisse de Sherbrooke-Est pour lui-même ou pour lui et ses propres associés. Comment de telles sommes pouvaient-elles être prêtées à un employé salarié, donc avec l'accord explicite de plusieurs caisses de votre région et sans que ces dernières ne se questionnent et ne posent d'exigences? Fort curieux, n'est-ce pas? Comment se fait-il que votre Fédération ait fermé les yeux sur tous ces agissements? N'y a-t-il pas là de sérieuses infractions à des dispositions de la Loi sur les caisses d'épargne et de crédit?
Il est aussi un fait tout à fait remarquable: tous ceux qui ont côtoyé Aubé ont tous fait faillite, et même plus, l'un d'entre eux s'est suicidé sur le terrain même qu'il avait acheté d'Aubé et de ses associés. Troublant, n'est-ce pas de prendre connaissance qu'un prêt de 250 000$ a été accordé à cet individu et/ou ses compagnies. De surprise en surprise, nous avons aussi constaté que la firme d'avocats Monty, Coulombe était toujours impliqué dans ces dossiers. Nous portons à votre attention un document envoyé à Gilles Côté, Directeur général de la Caisse, expliquant comment la caisse devait s'y prendre pour récupérer sa créance de 250 000$, prêt octroyé par Aubé, comme par hasard! Il est étonnant d'apprendre, dans ce document, que Me Fecteau, même au détriment des créanciers, a instruit la Caisse de procéder par le rachat de la première hypothèque du Sherbrooke Trust d'une valeur de 1 100 000$ et, de cette transaction, récupérer le 100 000$ en dépôt de feu Pierre Hamel. N'est-ce pas avoir poussé fort loin la duperie ou avoir eu l'illusion de croire que de telles pratiques ne seraient jamais démasquées?
En plus,
la Caisse de Sherbrooke-Est, par l'entremise de son Directeur général,
Gilles Côté, a remis la somme de 20 000$ au Syndic afin de
le désintéresser dans la liquidation de ces immeubles. Curieusement
d'ailleurs, le même Syndic est omniprésent un peu partout
dans les affaires de la dite Caisse. De plus, il est intéressant
de découvrir que Paul Garant, autre Directeur impliqué dans
la Caisse, a été nommé inspecteur de la faillite de
Hamel. N'était-ce pas le meilleur moyen, encore une fois, d'étouffer
les choses? Quel rôle ont joué les commissions de crédit
et de surveillance de Sherbrooke-Est dans ce dossier? N'y a-t-il pas ici
un exemple parmi d'autres où la Loi sur les caisses d'épargne
et de crédit a été bafoué par des dirigeants?
Vous comprendrez que nous aussi sommes capables de lire des textes de loi.
M. le Président, dans les jours qui suivront, vous aurez certainement à devoir répondre publiquement de ces agissements et de vos silences. Pourrez-vous démontrer que votre Fédération et vous-même n'étiez pas au courant et que vous n'aviez aucun rôle à jouer dans cette affaire pour défendre les intérêts des sociétaires? Il sera intéressant d'instruire tous ceux qui ont perdu, à titre de créanciers, dans cette affaire. Le Regroupement permettra à tous ces autres malheureuses victimes de s'exprimer. Elles n'ont eu, encore une fois, aucune chance car seule la Caisse Sherbrooke-Est pouvait débourser 1 100 000$ et racheter, par acte de subrogation, l'hypothèque du Sherbrooke Trust, ne laissant aucune possibilité aux petits créanciers de récupérer leurs biens. Vous trouvez cela normal sans doute! QUELLE DÉMONSTRATION DE FORCE!
Fait troublant: vers le 8 ou le 9 août 1990, Pierre Hamel, pour des raisons encore obscures, s'est suicidé sur le terrain vendu par Aubé et associés à Pierre Hamel et/ou sa compagnie. Ce suicide a amené la succession de Pierre Hamel à faire une faillite personnelle et commerciale de 2 300 000$. Comment, M. le Président, se fait-il que vous n'ayiez pas pris position, encore une fois, et dénoncé ces pratiques coûteuses et les irrégularités en-dessous de toute cette affaire? Quelques jours plus tard, c'est autour d'un autre associé de Aubé, Serge Bolduc, de faire une faillite personnelle et commerciale impliquant une autre Caisse. Il sera intéressant de mettre en évidence comment M. Bolduc s'est retrouvé client de cette autre Caisse. À son tour, c'est lui qui a passé pour un bandit. J'aimerais vous faire remarquer, M. le Président, que nous savons que la résidence personnelle de Aubé a été construite par ce même Bolduc qui l'a fait pour services rendus. Les témoignages enregistrés de Bolduc sont très clairs à cet effet. De plus, vous saviez, M. le Président, que cette résidence sur Prince Rupert a été financée par la Caisse sociale par l'entremise de l'oncle de Robert Aubé. Qu'avez-vous fait? Comment se fait-il que Robert Aubé ait eu un prêt autorisé à 100% de la valeur marchande pour sa maison et qu'on impose habituellement à un sociétaire les normes de financement de 75% de la valeur marchande? Pourquoi un tel passe-droit pour le personnel des caisses, et en particulier pour son directeur du crédit? Combien d'autres bénéficient de telles largesses?
Que cela signifie-t-il? CORRUPTION, POTS DE VIN, PRIVILÈGES, FABRICATION DE FAUX, CONFLITS D'INTÉRÊTS, ETC...
Qu'attendez-vous pour agir? Vous aimez mieux écraser des sociétaires pour sauver votre image et celle du Mouvement Desjardins. Il semble bien que vous prenez les Québécois pour des ignorants et des passifs qui se laissent passer n'importe lequel sapin. Il est temps que la vérité apparaisse au grand jour et qu'on démasque les abus et les magouilles pratiqués par des individus et dirigeants qui ont pris le contrôle de l'argent des sociétaires et qui s'en servent à des fins personnelles! Avec toute l'expérience et les dossiers accumulés par le Regroupement, il est bien évident que la justice va venir de la population et non pas du système, qu'il soit judiciaire ou tout autre! Les réseaux d'intérêt ont pris une telle place dans votre Mouvement qu'ils ont su "attacher" nombre de personnes et d'organisations qui, pour toutes sortes de raisons, vont fermer les yeux sur ce qui se passe dans les Caisses Populaires.
Tous savent qu'attaquer une multinationale comme le Mouvement Desjardins est une tâche exigeante et frustrante sachant que celui-ci va payer largement une horde d'avocats, de notaires et autres complices et surtout des sommes payées à même les deniers des sociétaires. Il faut que ça cesse rapidement dans l'intérêt des sociétaires! Le mythe entourant les Caisses est en voie de se fissurer pour le plus grand bien des Québécois qui vont devoir s'ouvrir les yeux sur la faible valeur morale et professionnelle de leurs dirigeants.
Si Alphonse Desjardins savait comment on traite les gens qui veulent dire la vérité et verrait que le Mouvement Desjardins est entre les mains d'une poignée de personnes sans scrupules qui ne veulent, à tout prix, que camoufler leurs actes répréhensibles, il se dissocierait de son oeuvre. Il est temps que le Regroupement des victimes des Caisses Populaires contribue à éclairer les Québécois, en cette période où tous découvrent que la situation financière et économique du Québec n'est pas celle que ses dirigeants ont tenté de lui faire croire et que les mythes tombent les uns après les autres. C'est dans une situation de crise qu'une population prend généralement conscience de ce qui ne va pas dans son environnement.
Il est certain que le Mouvement Desjardins utilise le système judiciaire à ses fins pour retarder le règlement des litiges et plus même... Les comportements observés pour ce faire vont du harcèlement à la discréditation des victimes, au refus de répondre ou de fournir les documents demandés, à la pratique du déni de justiceen en refusant par exemple d'admettre les erreurs, de régler et de dédommager les victimes, à l'introduction de délais de toutes sortes consuidant à des frais toujours plus importants pour les victimes en espérant que celles-ci vont s'épuiser, faire faillite ou ne plus avoir les moyens rapidement de contrer les manoeuvres des avocats, notaires et autres complices des caisses (Cour supérieure, Cour d'appel, Cour suprême).
M. le Président, la présente ne fait que vous instruire sommairement sur différents problèmes dans la région de l'Estrie. Il y aura, bien entendu, une suite à la présente car il n'y a pas que la Caisse Sherbrooke-Est qui est dans cette situation. Nous laisserons les personnes et les dossiers parler par eux-mêmes et le public jugera à la lumière de ce que la presse mettra en évidence. Vous découvrirez, nous l'espérons, qu'il vient un moment où la vérité doit éclater. Vous tenterez peut-être, avec vos collègues du Mouvement Desjardins, de contrer la démarche qui s'engage par les victimes des Caisses. Vous devrez vous rendre compte, d'une façon ou de l'autre, qu'il n'y aura qu'une façon de régler et ce sera d'avouer les fautes et de réparer financièrement et autrement les dommages graves dont votre organisation s'est rendue responsable. Comme le cas de la faillite des caisses d'épargne aux Etats-Unis ou celui des Caisses d'entraide au Québec, il suffit d'une perte de crédibilité et d'une prise de conscience que les choses ne vont pas et que leurs biens sont en danger pour déclencher un mouvement irréversible chez vos sociétaires lorsqu'ils découvriront ce qui se passe réellement. L'intimidation à notre égard, méthode qu'on vous suggérera sans doute de continuer à utiliser, ne vous mènera qu'à un cul-de-sac.
Le soussigné n'est qu'un messager, répétons-le, mais un messager très informé: vous tenterez certainement de lui nuire ou de le discréditer. Si la présente ne vous fait pas comprendre que le Regroupement est bien préparé dans sa démarche des jours et des semaines à venir, vous vous dirigerez vers des problèmes certains. Vous découvrirez que d'autres vont signer des lettres dans la suite de la présente sur toutes sortes de dossiers. Si vous choisissez de recourir, par des procédures dilatoires, à des menaces plus ou moins directes, telles le discrédit ou la fabrication de faux ou tout autre moyen, cela ne fera que confirmer davantage, nous les victimes des Caisses, que nous avons raison de combattre ce monstre qui trompe les Québécois.
Les membres du Regroupement vont s'appuyer sur des dossiers documentés pour éclairer le public. Les membres sont capables de lire les savants montages qui ont conduit à telle ou telle situation ou magouille peu reluisante. Vous devez comprendre maintenant que vous n'êtes pas devant des personnes incapables de se défendre ou de saisir la complexité des dossiers. En plus de toutes les connaissances que les victimes acquièrent, bien malgré elles, mais combien cela est instructif, nous avons un réseau d'experts qui ne demandent qu'à servir le public.
Nous comptons sur votre conscience professionnelle pour avoir l'honnêteté d'endosser vos responsabilités. Cela devrait vous conduire à avouer la vérité. La résultante pourrait très bien vous obliger à démissionner ainsi que d'autres dirigeants dans votre milieu et ailleurs dans le Mouvement Desjardins. Ce sera le début de l'expression de la vraie justice, n'est-ce pas? Les victimes ne seront plus isolées dorénavant et elles pourront se défendre mieux. L'union fait la force! Doit-on vous le rappeler?
Jean-Yves
Desrosiers
L'une des victimes des Caisses Populaires (St-Sacrement et St-Dominique notamment)
Regroupement des Victimes des caisses populaires
NOTE: Le Président de la Fédération de l'Estrie n'a jamais répondu à cette lettre ou même accusé réception. Même si l'adresse n'était pas sur la lettre, sa Fédération a eu en main, dans les jours suivants, les textes de la conférence de presse du Regroupement prononcée à Sherbrooke, conférence qui a entre autre mit en évidence le cas Proteau et d'autres affaires graves découvertes dans la région de Sherbrooke. Dans les mois suivants, le Président de cette Fédération a prétendu qu'il n'avait pas répondu parce qu'il n'avait pas l'adresse et que cela ne valait de toute façon pas la peine de donner suite. À la place, ce même personnage a décidé de s'attaquer au messager par une poursuite qui va connaître bien des rebondissements et surtout bien des révélations.