UN BEL EXEMPLE ILLUSTRANT COMMENT DES DIRIGEANTS DE CAISSES

POPULAIRES UTILISENT LEURS FONCTIONS DANS LEUR ÉTABLISSEMENT

POUR SERVIR LEURS INTÉRÊTS PERSONNELS: LA CAISSE DE CHANDLER

ET LE DOSSIER DE PLACE-DU-HAVRE

 

Le 15 janvier 1998

 

Le Regroupement s'intéresse aux dessous d'une affaire scandaleuse dont le point de départ a trouvé place à la fin des années '70, qui n'a jamais été résolue et, fait encore plus étonnant, dont des acteurs siègent toujours, malgré tout ce qui s'est passé, dans la direction de la Caisse populaire de Chandler. La Fédération responsable et la Confédération ont pratiqué le camouflage dans cette affaire. Celui-ci occupe ce poste depuis plus de 30 ans et il contrôle la plus grosse caisse de la Gaspésie. Le dossier à l'étude est celui de Place-du-Havre. Une belle arnaque que l'on va décortiquer...!

 

Cette affaire montre comment des dirigeants chez Desjardins s'y prennent pour s'approprier les biens de sociétaires. Elle a eu quelques échos dans le temps mais pas plus qu'il ne faut, mais suffisamment pour que les plus hautes autorités de Desjardins en soient bien informées. Des individus ont été protégés pour éviter que le scandale ne soit trop publicisé et ne compromette certains personnages importants de la région, le tout étant facilité par le fait que le Mouvement Desjardins a bien des ressources à sa disposition pour neutraliser le travail des médias. Il semble bien avoir réussi à l'époque, ceci étant facilité par le fait que la victime de cette véritable arnaque a dû abandonner pour un temps de se défendre. Il y a toujours un retour du pendule!

 

Qu'en est-il exactement? Un homme d'affaires bien connu dans la région décide, au milieu des années '70, de construire un centre d'achats à Chandler. Pour cette fin, il achète de grandes superficies de terrains et fait faire tous les plans et devis, les estimés de coûts, les études de base, etc... Le financement vient de Fiducie du Québec, de la Caisse populaire de Chandler et de la Fédération des caisses de la Gaspésie et des Iles-de-la-Madeleine, qui joue un rôle direct dans le financement intérimaire de la construction. L'ouverture officielle du centre se fait à la fin de l'hiver 1980. Dès sa première année, il est loué à 100% et plus même. Toutes les prévisions sont respectées et le projet est plus que prometteur, attisant certains appétits voraces.

 

Les manoeuvres contre cet homme d'affaires ont débuté dès l'été 1980, notamment autour de deman-des de la Caisse pour que des personnes impliquées dans le financement du projet reçoivent des avantages financiers de la part du promoteur, des offres d'association avec ce dernier par des personnes dirigeant la Caisse de Chandler dont le Directeur général, etc... Devant son refus, l'intimidation prit place d'une façon de moins en moins subtile, la Caisse demandant de plus en plus d'informations et de données sur la gestion du centre d'achat, etc... Les détails vont suivre...

 

Puis, un bon matin, le promoteur découvrit que le complot qu'il pressentait était bel et bien une réalité. Les individus qui voulaient s'approprier son bien avaient créé une compagnie, le 18 décembre 1980, sous le nom de Groupes Gest-Anses Inc. Parmi les dirigeants de cette compagnie, on retrouvait le président de la commission de crédit de la Caisse de Chandler, un administrateur de celle-ci, le Directeur général, un sociétaire et personnage important dans la Ville ainsi que l'évaluateur de la Caisse. Puis, le développeur du centre d'achat se fit offrir par des personnes connues d'acheter au moins un de ses commerces, une de ces personnes travaillant même pour la Fédération des caisses.

 

Au cours de cette période, soit 1980-81, la Caisse se fit de plus en plus agressive vis-à-vis du développeur de ce projet, lui occasionnant d'énormes problèmes dans la finalisation de son projet de financement à long terme. D'obstacles en obstacles créés sur le chemin du développeur et propriétaire du centre, la Caisse de Chandler réussit à mettre en faillite Place du Havre et la compagnie de gestion, permettant ainsi de revendre le centre d'achat Place-du-Havre.

 

L'affaire est fort grave et met en évidence une situation de conflits d'intérêts évidents, de manoeuvres dilatoires et illégales, de duperie, de fausse représentation, etc... Cela est d'autant plus que sérieux que certains des dirigeants de la Caisse qui étaient directement impliqués dans la manoeuvre de dépossession du propriétaire du centre sont toujours à la direction de la Caisse de Chandler, notamment le Directeur général, et qu'ils n'ont jamais été sanctionnés par la Fédération et la Confédération.

 

Des réseaux d'influences ont visiblement joué un rôle important pour protéger ces individus et éviter que l'affaire n'éclate. Le jour est arrivé de faire connaître aux Gaspésiens ce dossier qui a fait perdre des sommes considérables à l'homme d'affaires en cause, en plus de l'amener en faillite et de vivre des problèmes importants et fait perdre des retombées économiques dans la région.

 

La Fédération des Caisses de la Gaspésie et des Iles-de-la-Madeleine et les Caisses que le Regroupement a commencé à montrer du doigt sur la place publique (Gaspé, Amqui, Mont Louis, St-Joachim de Tourelle) crient à la virginité présentement alors même que les dossiers montrent des affaires très peu normales, illégales et surtout pas pour le bénéfice de la population de la Gaspésie. Quelques individus, dans les localités en cause, font la loi et en profitent pour s'enrichir sur le dos de leurs concitoyens. Tous les moyens sont bons pour y arriver comme l'illustre le cas de Chandler.

 

D'ailleurs, il semble que le Directeur général de la Caisse de Chandler est connu pour avoir fait la vie dure à beaucoup de Gaspésiens et en avoir conduit à la faillite et à la misère. Dans d'autres cas, il a profité de la bonne naïveté de personnes pour avoir le dessus sur elles. On peut parler ici de ces gens qui se pensent assurer avec Desjardins (santé, invalidité, etc...) et qui ne le sont pas en réalité mais qui l'apprennent lorsqu'ils doivent faire une réclamation. Un citoyen de Chandler y a goûté récemment et la Caisse s'est mise du côté de l'Assurance-Vie Desjardins au lieu de défendre les intérêts de ce sociétaire. Il se pourrait bien qu'on puisse donner plus de détails à cet effet bientôt.

 

Dans le cas de la Caisse de Chandler, il serait sans doute bon que des personnes fouillent les transactions des dirigeants de cet établissement pendant toutes les années de travail du Directeur général et les pertes encourues autour de transactions qui n'apparaissent pas toutes transparentes et au bénéfice de l'ensemble des sociétaires.

 

Est-ce que les citoyens de Chandler et de la région vont avoir la volonté et le courage de demander des comptes à tous ces gens qui se sont servis de leurs fonctions et de l'argent des sociétaires pour leur bénéfice personnel. Est-ce que les médias vont aider ces gens à découvrir la vérité et libérer ainsi la Gaspésie de ses "mauvais démons"? Une affaire à suivre...