OLIGARCHIE![]() «On est bien loin de ce qu'Alphonse |
MEMBRES DES CAISSES POPULAIRES,
|
Paru sur le site internet de La Presse - Journal des affaires
Louis Lafortune - Le Droit
16 mars 2006 - 07h58
Les caisses sont de plus en populaires avec une clientèle grandissante, mais l'appellation «populaire», elle, disparaît tranquillement du paysage.
Sans que trop de gens s'en aperçoivent, quatre caisses de l'Outaouais - et une cinquantaine au Québec - ont laissé tomber le «populaire» de leur nom au cours des deux dernières années. En avril, la Caisse populaire Saint-Raymond de Hull, se penchera elle aussi sur une résolution enlevant le mot «populaire» pour devenir «Caisse Desjardins Saint-Raymond».
Ce changement fait partie d'une série de propositions qui seront débattues à l'assemblée du 24 avril, a expliqué son directeur général Pierre Landry. «C'est sûr qu'il y a des gens qui sont accrochés au mot populaire. Dans le fond, on sait tous que les caisses font partie du Mouvement Desjardins et l'idée est de se coller à la marque qui est connue. Mais si les gens nous disent qu'ils tiennent au mot populaire, on ne fera pas de changement.»
En mars 2004, le Mouvement Desjardins a décidé à son assemblée générale annuelle d'adopter une série de mesures visant à ramener les jeunes épargnants dans le giron des caisses. Voulant véhiculer une image «plus jeune», l'assemblée a entre autres accordé aux caisses le libre choix d'accoler ou pas le mot «populaire» à leur identification.
Une cinquantaine de caisses du Québec, sur 588, ont depuis abandonné le mot populaire sans que cela ne cause d'émoi. Dans la région, sur les 18 succursales de l'Ouest du Québec qui englobe l'Outaouais, quatre l'ont fait jusqu'à maintenant, explique Lucie Gilbert, porte-parole de la fédération des caisses en Outaouais. «La balle est dans le camp de chacune des caisses. Ce sont les membres qui décident.» La caisse Saint-Joseph, du secteur Hull, n'est plus «populaire» depuis 2004, une des premières au Québec à le faire. La Caisse populaire de Gatineau a été rebaptisée Caisse Desjardins de Gatineau après la fusion de trois succursales, en avril 2003. Les caisses de l'Île de Hull et de Mont-Laurier ont aussi opté pour l'appellation Desjardins.
Le président de la Caisse Desjardins Saint-Joseph, Guy Lecavalier affirme que la résolution a été facilement adoptée en 2004. «Ç'a passé chez nous comme du beurre dans la poêle.»
L'abandon du mot «populaire» ne plaît pas à tout le monde, dont Claude Millette, l'ex-conseiller de la Ville de Hull qui a travaillé 32 ans pour les Assurances Desjardins.
M. Millette a lutté en vain contre la fermeture de la caisse Sacré-Coeur dans Hull et il estime que l'élimination de «populaire» est une rupture avec l'héritage historique de Desjardins. «Ça peut sembler banal, mais je suis certain que ça ne plaît pas à bien des gens. Le mot »populaire« fait partie de la légende du mouvement. Ç'a été fondé pour les gens. Populaire, c'est pour les petits épargnants. On ne parle pas d'une banque et ce mot populaire est très important.»
Claude Millette s'est dit surpris d'apprendre que le mot disparaissait et a avoué ne pas avoir remarqué que la Caisse Saint-Joseph n'était plus «populaire» depuis 2004.
Au siège social de Desjardins, à Lévis, le directeur des relations de presse, André Chapleau, affirme que plusieurs caisses ont profité d'une fusion pour changer d'appellation. «Ça s'inscrit dans une réflexion à savoir si l'on veut s'identifier au groupe, à la marque Desjardins. C'est une question d'évolution. Desjardins est une marque très connue. Mais nous laissons la décision aux caisses.»
Du côté de l'Ontario, l'appellation populaire demeure, explique Pierre Tougas, premier vice-président des caisses de l'Ontario, qui compte 22 succursales. «Nous n'avons jamais remis ça en question. Ce n'est pas une préoccupation.»
Extrait du témoignage de Jean-Yves Desrosiers, le 23 novembre 2000 (page 53):
«Je ne suis pas seul à constater la décoopératisation, et le projet de loi 126, qui est devenu la Loi 126, sans consultation des sociétaires, a confirmé qu'on était rendu à autre chose qu'un mouvement coopératif et quelqu'un, la semaine dernière, m'a dit que, dans la loi, je n'ai pas eu le temps de l'étudier encore toute en détail, que le nom de Caisse populaire risque de disparaître rapidement, dans la structure. On donne d'autres noms, puis on sort les Caisses de, on crée des Centres de services financiers, qui n'ont plus rien à voir, les sociétaires n'ont plus un mot à dire.» (transcription par M. André Boudreau, sténographe officiel) (caractères gras ajoutés par moi)
Autre extrait du témoignage de Jean-Yves Desrosiers, le 23 novembre 2000:
«C'est qu'il est fait connu que monsieur Béland est un personnage très influent du Parti Québécois et que très près de monsieur Bouchard et Landry, en particulier, et de Parizeau, notamment, et Michaud. Ils sont tous ensemble, c'est des grands amis de longue date. C'est un fait connu, c'est public. Ces gens-là, bon, c'est sûr que, si on se souvient de la commission parlementaire sur la souveraineté qu'il y a eu quelques années, c'est monsieur Parizeau lui-même qui a sorti tout le projet de banque du Québec et de se servir et, par après, il y a eu certaines révélations, dans cette idée-là d'indépendance, il fallait qu'il y ait une prise de contrôle des capitaux de la Caisse de Dépôt de Desjardins, pour éviter, parce que le jour, si c'était arrivé, qu'il y aurait eu un vote de séparation, c'est que les marchés financiers venaient vider, c'est du domaine technique monétaire, mais il y avait une dévaluation de nos avoirs rapidement. Ce qui fait qu'il y avait, ces gens-là, bon, rêvaient, ça fait partie du projet indépendantiste, de créer la banque du Québec»
N.B. Jean-Yves Desrosiers était (
décès) économiste. Selon son C.V. produit sous la cote I-13, de janvier 1975 à janvier 1979, il travaillait au Conseil du trésor. En 2000, il était «adjoint au directeur - direction du financement et de l'équipement - enseignement supérieur - Ministère de l'Éducation;»
Le 4 février 2000, après 29 jours de procès, dans le dossier Cour supérieure - Montréal - numéro 500-05-041728-989, la Confédération Desjardins et les douze principaux membres de son conseil d'administration, dont Claude Béland, auraient acheté les excuses publiques et le silence de Jean-Yves Desrosiers et de Robert Proteau, avec l'argent de la Confédération (Mouvement des caisses Desjardins), par un montant de «500 000$ chacun», selon l'avocat Guy Massicotte qui était leur procureur lors de la transaction. Ils en savaient certainement trop....
« Si Desjardins était imposé de la même façon
que les autres institutions financières,
le gouvernement Québécois aurait encaissé
57 millions $ de plus en impôt en 1997,
a calculé la Banque Nationale.»
(Hélène Baril, Le Soleil, 14/3/97)