UN DIRIGEANT DE DESJARDINS À LÉVIS LUI PROPOSE DE FAIRE
FAILLITE AVANT DE LE RÉGLER POUR QUE DESJARDINS
N'AIT PAS À PAYER D'IMPÔT SUR CE QUI LUI EST DÛ

Le 22 mars 1998

M. Jacques Noël, de Beauport, fait partie de ces ex-agents immobiliers du Permanent qui se sont faits déposséder de leurs commissions lorsque le Mouvement Desjardins a décidé de mettre en faillite le Permanent. L'affaire a fait beaucoup de bruit lorsque les agents ont multiplié les manifestations publiques pour obtenir justice. Le dossier impliquait et implique toujours la Caisse populaire de Notre-Dame des Laurentides et la Fédération des caisses de Québec.

Les commissions dûes s'élevaient à 8.0 millions de $. La Caisse et la Fédération précitées ont décidé de s'approprier ces sommes pour financer des pertes du Permanent au moment de sa faillite provoquée par le Mouvement Desjardins. Les agents amenèrent Desjardins en Cour. La Fédération des caisses de Québec prit l'engagement de rembourser ces commissions advenant que les agents gagnent en Cour supérieure, ce qui fut le cas. Hors, peu de temps après, Desjardins annonça sa décision d'aller en appel, ce qui signifiait des délais et des frais considérables pour les victimes de cette arnaque. Les ex-agents se retrouvèrent coïncés, ne trouvant qu'une issue à leur problème, soit de négocier avec la Fédération des caisses de Québec. Le résultat final fut que les ex-agents ont presque tout perdu, ne parvenant à récupérer qu'environ 1.8 millions de $ qui s'est presqu'entièrement envolé en frais d'avocats et à l'impôt. Ce fut la faillite, la cession de leurs biens, le chômage et un important manque à gagner pour quelques centaines de personnes.

Un seul décida de se battre, M. Jacques Noël, ce qu'il fait depuis près de 5 ans, en faisant du piquetage au début devant la Caisse populaire Notre-Dame des Laurentides puis, plus près de chez lui, devant la Caisse de la rue Seigneuriale à Beauport. Cinq jours par semaine depuis ce temps, il se présente à son "quart de travail", avec sa ténacité et son courage, avec sa pancarte pour défendre son droit à un règlement juste suite à l'arnaque dont il a été victime, lui et tous ses confrères et consoeurs. Il est devenu une véritable vedette à Beauport, jouissant de l'appui entier de la population, les manifestations en sa faveur se multipliant. Depuis le tout début, les dirigeants de Desjardins l'ont ignoré complètement et ont toujours refusé de réparer les dommages qui lui ont été causés.

Au cours des derniers jours, les journalistes lui ont porté une attention particulière, conduisant même à des reportages télévisés. Curieusement, la Confédération des caisses Desjardins à Lévis a commencé à se manifester en demandant à rencontrer M. Noël. Il a fallu près de 5 ans pour qu'un dirigeant de Desjardins daigne parler à une personne que cette organisation a condamné au bien-être social après avoir été un travailleur autonome qui contribuait à la vie économique et sociale de sa région.

Un certain Claude Dubé de la Confédération a rencontré M. Noël, ces jours derniers. Cet individu de Desjardins, un cadre supérieur, n'a trouvé mieux que de lui proposer de faire faillite avant de le régler afin que le Mouvement Desjardins n'ait pas à payer les impôts dûs par cette organisation aux ministères du Revenu fédéral et provincial, ce qu'un avis de cotisation confirme. Le Mouvement Desjardins cherche seulement à traîner les choses et à ne pas admettre son erreur face à M. Noël, mais aussi de tous les autres agents arnaqués dans cette affaire. Les dirigeants de Desjardins, Béland et cie, ne veulent tout simplement pas respecter leurs sociétaires et employés. C'est de l'exploitation des gens tout simplement!

Imaginez un instant. Cet individu a demandé à M. Noël, d'échanger un règlement tout à fait incertain, sans mettre quoique ce soit par écrit, en retour de son engagement à se mettre en faillite. Le Regroupement sait déjà que nombre de syndics considèrent les pratiques de Desjardins dans le domaine des faillites comme étant tout à fait abusives et malveillantes, dans un très grand nombre de cas.

Ce cadre de la Confédération est un cas particulièrement intéressant car il a été mêlé à une affaire peu honorable mettant en cause le directeur général de la Caisse populaire St-Louis de France à Sainte-Foy, dossier entre les mains du Regroupement, qu'on s'apprête à rendre public. On a là un autre cas de directeur général de caisse, après celui de St-Sacrement, de Laurier, etc..., qui s'est servi et se sert de sa fonction pour ses propres intérêts. Il faudra demander à M. Dubé pourquoi il n'a pas dénoncé ce directeur général qui a été maintenu en fonction, même si lui et certains de ses associés dans l'affaire, y compris des membres du conseil d'administration de la Caisse en question, y ont perdu des sommes importantes.

L'affaire Noël est un parfait exemple des abus des dirigeants de Desjardins qui se pensent au-dessus des lois, s'appropriant et volant les biens des autres comme une chose normale. Pourquoi les politiciens ne se lèvent-ils pas pour dénoncer ces pratiques des gens de Desjardins? Qui sont ces gens qui se disent les protecteurs des petits et des personnes sans défense? Y a-t-il quelqu'un qui va se lever pour appuyer les victimes du système Desjardins.

Il est bon de rappeler que, le 25 septembre 1996, Béland lui-même disait devant des journalistes: "Je voudrais qu'on m'amène un seul qui ne s'est pas réglé hors cours ou à l'amiable" (citation extraite du journal Le Devoir du 26 septembre 1996). Le cas de M. Noël est l'un de ces milliers de dossiers qui contredit ce Président arrogant et qui confirme ce que nombre de gens pensent, soit qu'il est un manipulateur et un menteur.