DES IMMIGRANTS INVESTISSEURS CORÉENS VICTIMES D'UN DÉTOURNEMENT DE FONDS METTANT EN CAUSE DEUX CAISSES POPULAIRES DE LA RÉGION DES LAURENTIDES AU NORD DE MONTRÉAL

29 avril 1997

Une vingtaine de familles coréennes immigrées au Québec avaient décidé d'investir plusieurs millions de dollars dans la province, en particulier par le biais d'une compagnie formée sous le nom de New Asia Management dont la direction était assurée par un Québécois, M. Michel Lecours. Les capitaux de la Compagnie étaient confiés au Montreal Trust en attendant que soient décidés quels projets d'investissements seraient retenus.

Le premier investissement choisi fut dans un projet commercial et récréatif à Ste-Marguerite du Lac Masson. Le promoteur de celui-ci a convaincu New Asia Management d'investir environ 2.0 millions de $, dont près de 800 000$ devait servir spécifiquement à la construction d'un nouveau parcours de golf. Tous les documents de la transaction furent produits et signés sans que les investisseurs ne se doutent de ce qui les attendait et surtout sans des informations qui ne leur avaient pas été fournies avant sur le promoteur et ses liens avec des intervenants de la région, dont des dirigeants de deux Caisses Populaires, Ste-Marguerite et St-Jérôme.

Le promoteur, Donald Dubé, faisait affaire avec la Caisse de Ste-Marguerite mais, en plus, avait des emprunts avec la Caisse de St-Jérôme, faits découverts après la transaction, lors des recherches faites pour démasquer les coupables de la magouille. En retour d'une lettre de garantie de la Caisse Ste-Marguerite, le Montreal Trust a transféré 770 000$ dans un compte de Donald Dubé à cette Caisse, argent prévu, documents à l'appui, pour la construction du nouveau golf. Dubé agissait comme gérant de projet pour New Asia Management. Le transfert d'argent à la Caisse Ste-Marguerite eut lieu au début de l'automne 1991. New Asia Management était devenue propriétaire du projet. Cette compagnie avait fait confiance aux gens qu'on leur avait recommandé, sans savoir quels problèmes les Coréens allaient vivre par la suite.

Le Directeur de la Caisse Ste-Marguerite est M. Jean-Paul Chartrand. Or, ce que New Asia Management ne savait pas alors, c'est que ce même Chartrand agissait comme agent immobilier pour vendre la maison de Dubé qui devait à la Caisse une hypothèque de 400 000$, en plus d'autres dettes . Puis, New Asia Management découvrit que les 770 000$ versés par les Coréens avaient été détournés par Dubé à d'autres fins et étaient disparus. Par la suite, Chartrand fut congédié; son successeur a tout fait depuis pour masquer l'affaire.

Après coup, New Asia Management découvrit que l'un des administrateurs de la Caisse, qui avait autorisé la garantie sur le 770 000$, un certain Marcel Grenier, avait démissionné de la Caisse pour obtenir le contrat de surveillance pour la construction du nouvel édifice de la Caisse. Donald Dubé devait personnellement environ 30 000$ à Grenier. En plus, il fut découvert que ce même Grenier, avant même qu'il ne démissionne du conseil d'administration de cette Caisse, avait obtenu un contrat de celle-ci. Des entrepreneurs en construction de la région avaient porté plainte sans succès. De plus, Grenier avait obtenu le contrat de construction des 6 premiers condos du contrat que finançait New Asia Management (propriétaire effectif). Dubé, rappelons-le, y agissait comme gérant de projet.

Ne comprenant pas encore tout ce qui était sous-jacent au projet de Ste-Marguerite et ne se doutant pas encore que Dubé était un personnage peu recommandable, New Asia Management se retrouva avec les obligations d'un propriétaire dans un investissement où des problèmes importants et des irrégularités surgissaient de tous côtés (exemple: non respect des normes de construction par Dubé et son constructeur). La détournement des 770 000$ vint ajouter aux difficultés. New Asia Management se fit aussi demander de verser une garantie supplémentaire de 75 000$ sur un prêt déjà garanti par un Coréen avec des dépôts à terme de l'ordre de 100 000$.

Lorsque New Asia Management se mit à découvrir le pot aux roses, il était déjà trop tard. L'argent avait disparu et elle devait assumer des dettes liées au projet. Les recherches ultérieures révélèrent l'étendue de la duperie dont furent victimes les Coréens. Démasqués, les responsables (Dubé, Grenier, les deux Caisses impliquées) prirent tous les moyens pour ne pas être mis en cause sur la place publique et créèrent, comme le Regroupement le découvre partout dans la Province, un frame-up pour faire porter toutes les responsabilités sur New Asia Management, donc en les discréditant, en fabriquant des faux et en se parjurant. Plus même, pour être sûr de détruire New Asia Management, les Caisses impliquées refusèrent que New Asia Management paie, alors qu'elle avait les argents nécessaires, des créanciers afin d'être certain que ceux-ci puissent la mettre en faillite. Le 770 000$ avait disparu: il fallait se débarrasser à tout prix de cette compagnie. New Asia Management fut finalement mise en faillite à deux reprises. Les victimes avaient été transformées en fraudeurs, tout cela pour masquer les coupables dont des personnages dirigeant les Caisses Ste-Marguerite et St-Jérôme. Le présent communiqué ne fait que donner un portrait extrêmement sommaire de ce qui se cache derrière cet autre cas de magouilles graves impliquant le Mouvement Desjardins.

Les Coréens ont tout perdu dans ce projet, dégoûtés de l'escroquerie dont ils avaient été victimes. En même temps, ils ont retiré toutes les sommes qu'ils avaient l'intention d'investir au Québec, soit plusieurs dizaines de millions de dollars. On parle de plus de 30 millions de $. Les démarches auprès des Coréens visaient à étendre leurs activités au Québec à une plus grande échelle encore. C'est fini pour toujours! Depuis, ces familles se sont établies en Ontario et en Colombie-Britannique avec leur argent et leurs projets d'investissements, autres situations où des Québécois, francophones par surcroît, ont nui à la réputation de la Province. Des poursuites ont été intentées contre les coupables. Le Mouvement Desjardins a jusqu'ici cherché par toutes sortes de moyens dilatoires et d'intimidations d'enterrer le dossier. La saga se poursuit présentement. Les avocats des Caisses en cause et de Dubé et cie ont jusqu'ici dépensé des sommes importantes provenant des actifs de leurs sociétaires pour empêcher les poursuites d'aboutir.

Chose étrange, le notaire instrumental au dossier de Dubé et de la Caisse de St-Jérôme, Carol Brunet, vient de faire une faillite de plus de 3 000 000$ avec environ 350 000$ d'actifs. Le plus grave dans tout cela, c'est que l'acte de faillite révèle des créances non garanties de près de 1,4 millions de $, surtout à la Caisse Populaire de St-Jérôme. Cette dernière ne s'est même pas présentée, au nom de ses sociétaires qui vont perdre de l'argent pourtant, à l'assemblée des créanciers.

Tout ce dossier, fort grave, a été porté à l'attention du Regroupement des Victimes des Caisses Populaires. On ne fait que commencer à en révéler les dessous. Il soulève des questions de moralité mais surtout de conflit d'intérêt, de fausse représentation et d'escroquerie. Comme plusieurs autres cas du genre déjà portés à l'attention du Regroupement ou des médias, le Mouvement Desjardins s'empresse de pratique le "cover up" et s'assure de faire passer les victimes pour des bandits alors que les coupables sont directement associés au Mouvement Desjardins.

Le dossier dans l'affaire New Asia Management est très technique. Mais lorsqu'on prend le temps de le fouiller, il devient simple puisqu'on peut y détecter les pièces maîtresses. Un détournement de fonds a bel et bien eu lieu qu'on tente depuis, par toutes sortes de moyens, de masquer pour protéger l'image d'honorabilité du Mouvement Desjardins. Une vaste magouille dont ont été malheureusement victimes des Coréens qui souhaitaient s'établir définitivement au Québec et y investir! Continuera-t-on encore longtemps à mentir aux Québécois et à éviter un débat public sur les agissements de cette organisation qui se prétend aux services de la population alors que, face à tous les dossiers s'accumulant au Regroupement en particulier, il est facile de voir que les dessous du Mouvement Desjardins sont moins roses et moins glorieux? Pourquoi le Président du Mouvement Desjardins a-t-il refusé de réparer les dommages causés à ces gens lorsque mis au courant? Pourquoi la Fédération des Caisses de Montréal a-t-elle au contraire lancé une attaque en règle contre les victimes?