Québec, le 4 juillet 1997
SANS PRÉJUDICE
Madame,
Le soussigné vous adresse la présente en tant que porte-parole du Regroupement des Victimes des caisses populaires Inc. Créée en début de mars 1996, cette association est maintenant en voie de s'étendre dans toutes les régions de la Province au fur et à mesure que les médias font état de son existence. Elle est en voie de devenir le point de rassemblement de toutes ces personnes qui ont subi ou subissent des préjudices graves par suite de gestes douteux, illégaux ou abusifs posés par des dirigeants de caisses populaires, employés ou bénévoles ou encore par des employés et dirigeants d'autres instances de Desjardins, telles les compagnies d'assurance. De semaine en semaine, nous accueillons de nouvelles victimes avec des dossiers toujours plus troublants et anormaux concernant l'ensemble du Mouvement Desjardins, dossiers d'autant plus étonnants que les dirigeants de ce dernier continuent à faire croire qu'il existe toujours dans le respect des principes de coopération et d'entraide. Les faits nous font réaliser de plus en plus que les composantes de celui-ci s'éloignent chaque jour davantage de ces principes.
Nous nous intéressons à la région de la Gaspésie car des cas ont commencé à nous entrer dont certains relatifs à votre Caisse. Nous sommes à fouiller différents aspects de ce qui nous a été transmis. Nous comprenons fort mal toutefois que votre Caisse ait attendu que les choses se soient gâtées pour chercher des solutions. Le simple fait d'avoir fait l'objet d'une pétition de plus de 100 noms aurait déjà dû vous inciter à prendre action et à corriger les comportements discutables de votre Directrice générale, à moins que vous en soyiez rendu à l'étape où toutes les instances de direction de votre Caisse sont à la merci de cette Dame. Inquiétant dans un établissement qui est censé être la propriété de l'ensemble de ses membres!
Est-ce que quelques personnes seulement seraient en situation de contrôle? Nous avons en main la pétition ainsi que d'autres informations qui nous incitent à provoquer un débat public au plus vite afin que les sociétaires puissent se prononcer sur les agissements portés à notre attention. Nous nous doutons bien que votre Fédération et votre Caisse allez être tentées de camoufler les gestes reprochés à votre Directrice générale. Nous observons déjà de tels comportements ailleurs dans la Province. Nous savons aussi que les vérifications internes faites par les Fédérations et la Confédération n'ont qu'un but: masquer les problèmes. Mais, inévitablement, la vérité finit toujours par prendre le dessus. Nous allons prendre faits et causes pour les victimes des administrateurs de la Caisse Mont-Louis.
Les sociétaires ont plein droit de demander des comptes et d'exiger un remplacement de personnel lorsque la situation l'exige. Préférez-vous perdre toute crédibilité dans votre village plutôt que de procéder à des changements et éviter de perdre des membres? Peut-être que vous vous dites que les gens n'ont pas d'autres institutions financières dans le coin et sont donc à votre merci! Réflexe dangereux car les gens pourront toujours réagir et déplacer leurs argents plus loin dans la région dans une autre institution financière quand ils n'auront plus le choix. Il ne serait pas surprenant que des personnes retirent déjà leurs argents de votre Caisse ou l'aient fait dans le passé.
Nous comprenons fort mal que votre précédesseur en tant que président et vous-même n'ayiez toujours pas donné de suite dans le dossier de la Société d'aide au développement de la collectivité de Gaspé-Nord. Il est tout à fait discutable qu'une Directrice générale de caisse ne sache pas que la gestion d'une société suppose que des décisions consignées dans des procès-verbaux soient prises par un conseil d'administration ou un comité exécutif légalement mandaté. Des sommes considérables ont été versées à cet organisme sans que votre Directrice générale n'agisse en fonction des règles les plus élémentaires. Elle n'avait pas de résolution l'autorisant à agir, notamment à déposer les argents à sa Caisse et pas davantage pour faire des retraits sans l'accord des dirigeants de la Société précitée. De toute évidence, les gestes de cette Dame ont eu pour effet de faire perdre des argents à celle-ci, sans compter un placement de ces sommes dans un compte qui n'apparaît pas très adéquat.
Une correspondance de l'année 1995 est entre nos mains. Il est assez incroyable de constater que votre Caisse n'ait toujours pas donné de suite à la requête tout à fait élémentaire qui était faite à votre établissement. En ne répondant pas, vous pensiez peut-être que le dossier allait mourir de soi-même, étant convaincu à la Caisse que vos sociétaires en cause allaient s'écraser comme toujours devant les diktats des dirigeants de la Caisse. Vous vous retrouvez maintenant avec des articles dans les médias et avec notre Regroupement qui va se servir de votre Caisse pour illustrer les graves problèmes dans le Mouvement Desjardins à l'heure actuelle.
Nous comptons sur le gros bon sens, la compétence et la bonne volonté pour que vous régliez ce contentieux avec cette Société dans les plus brefs délais. Nous reviendrons certainement sur les autres dossiers qui nous sont parvenus en rapport avec votre Caisse. La pétition est un reflet d'un problème de fond qui a causé bien des dommages dans votre communauté. Aurez-vous le courage de régler le dossier à la satisfaction de vos sociétaires et des citoyens de votre village?
Espérant que vous verrez à résoudre rapidement les problèmes vécus par vos sociétaires, nous vous prions d'agréer, Madame, l'expression de nos salutations distinguées.
c.c. Société d'aide au développement de la collectivité de Gaspé-Nord; pétitionnaires.
PAS DE RÉPONSE DE LA CAISSE POPULAIRE
(la Directrice de la Caisse a été mise de côté
et la Société a reçu une compensation comme demandée,
l'intervention du Regroupement ayant provoqué une réaction
au niveau de la Caisse et de la Fédération par suite des
révélations faites aux médias)