Ste-Foye, le 24 août 1997
M. Claude Béland
Président Mouvement Desjardins
1, Complexe Desjardins
C.P. 7 succursale Desjardins Montréal, Qc H5B 1B2
Monsieur le Président,
Le Regroupement des victimes des Caisses Populaires existe maintenant depuis
mars 1996 et il n'a pas cessé depuis de prendre de l'ampleur et
de se manifester un peu partout dans la Province. Ce travail de bénévolat
a quelque chose de stimulant lorsqu'on voit les Québécois
et les Québécoises se manifester de plus en plus de semaine
en semaine, en découvrant notre existence et en réalisant
qu'ils peuvent maintenant s'exprimer librement sur leurs mésaventures
avec l'une ou l'autre composante de votre organisation. Notre travail fait
de plus en plus de bruit comme vous avez pu le constater. Vos réactions
sont là pour témoigner de notre existence et de nos réalisations.
M. Béland, le but de la présente lettre est bien simple:
soit de vous laisser savoir que nous ne voulons pas détruire le
Mouvement Desjardins mais bien vous aider à faire le nettoyage d'éléments
qui nuisent à son fonctionnement normal. Bien entendu, ce retour
à la normalité devra s'accompagner d'une reconnaissance des
problèmes et des préjudices causés à des personnes
et des organisations. Nous sommes tous des citoyens du Québec qui
tiennent à coeur la réussite des gens de chez nous, mais
aussi à ce qu'il ait une justice parfaitement respectée si
un préjudice est causé à l'un de ses sociétaires.
M. Béland, nous vous invitons à nous rencontrer afin d'échanger
sur les problèmes rencontrés, sur leurs conséquences
notamment sur les victimes de ces situations. Partant de là, on
pourrait examiner ensemble comment nous pourrions trouver une solution
à cette réalité sans précédent dans
l'histoire du Québec.
M. le Président, ce sera la seule tentative de notre part pour essayer
de vous convaincre de régler cette situation rapidement. Nous savons
pertinemment que le prochain automne sera bien chaud, compte tenu en particulier
de tous les dossiers sur lesquels nous travaillons présentement.
Ils sont nombreux et graves et porteront certainement atteinte à
la crédibilité du Mouvement Desjardins déjà
ébranlée par bien des révélations depuis quelque
temps. Le travail en cours ne s'arrêtera pas aussi longtemps que
les victimes n'auront pas été dédommagées et
qu'on n'aura pas engagé une démarche de réforme dans
le Mouvement Desjardins pour lui redonner une orientation plus conforme
aux valeurs humaines et coopératives qui l'ont animé pendant
plusieurs décennies. C'est ce que les Québécois recherchent.
Ils nous le disent.
Vous savez très bien, M. le Président, qu'il existe présentement
des problèmes importants dans votre organisation. Les conflits d'intérêts
sont omniprésents; il y a toutes sortes d'irrégularités
fort graves dont certaines sur lesquelles vous ne tenez certainement pas
à les voir révélées sur la place publique et
dans les médias. Il est sans doute plus que temps de nous prendre
au sérieux. Demain, il sera trop tard...!
Je serai à votre disposition pour vous rencontrer dans les plus
brefs délais possibles. Si je n'ai pas de réponse de votre
part dans les jours suivant réception de la présente, j'en
déduirai que vous refusez toute forme de communication et de règlement.
Nous diffuserons alors cette lettre. Nous savons pertinemment que vous
aurez bien des occasions au cours des mois à venir de regretter
de ne pas avoir voulu traiter avec nous des problèmes des victimes
et des réparations normales à leur octroyer. Le prix à
payer sera alors beaucoup plus élevé.
Espérant que vous accueillerez la présente avec toute l'attention
qu'elle mérite, veuillez agréer l'expression de mes salutations
distinguées.
Robert Proteau
(418-521-6167)