Québec, le 13 décembre 1997
Monsieur le Ministre,
Depuis l'an dernier, nous avons tenté de vous faire prendre conscience d'une réalité incontournable concernant les dessous peu honorables du Mouvement Desjardins. Prenez le temps de visiter notre site sur Internet: c'est très instructif et bien d'autres informations encombrantes vont s'y trouver de semaine en semaine. Ce n'est qu'un début.
Jusqu'à maintenant, vous avez ignoré l'existence de notre Regroupement mais le fait beaucoup plus grave que des dizaines et des dizaines de milliers de Québécois et Québécoises ont subi et subissent de semaine en semaine de graves préjudices par suite d'actes d'incompétence, d'abus de pouvoir et de confiance, de fraudes, etc... provenant d'administrateurs et dirigeants chez Desjardins. Nous constatons la corruption, les conflits d'intérêts le trafic d'influences, etc... Nous sommes tout simplement étonnés que vous fassiez preuve d'une telle arrogance face à tous ces gens dont la seule erreur dans la vie est d'avoir fait confiance à Desjardins, ce qui s'est avéré le début de leurs malheurs et de leur exploitation.
Nous sommes étonnés qu'après avoir fait adopter par dessus la tête des Québécois et sans les consulter la Loi 69 en décembre 1996, que vous ayiez de nouveau utilisé le coup de force pour imposer le projet de loi 188 sur la distribution des produits financiers en ignorant totalement les milliers de victimes du système Desjardins dans le domaine de l'assurance et le projet de loi 167 révisant la Loi sur les caisses d'épargne et de crédit. Dans ce dernier cas, vous allez très loin puisque vous complétez la démarche de décoopératisation du Mouvement Desjardins en tentant de cacher la vérité à l'ensemble des sociétaires. A cela, il faut ajouter vos efforts récents pour faire légaliser le vol commis par Desjardins sur le dos des détenteurs de la carte Visa Desjardins, sans oublier que vous avez appuyé l'idée de rendre la mesure rétroactive. Les Québécois ont compris vite qu'ils étaient en train de se faire avoir de nouveau par leurs politiciens.
Puisque vous posez ces gestes qui ignorent totalement l'existence des victimes du système Desjardins, nous vous mettons au défi de mettre en jeu votre siège de député et de démontrer sur la place publique qu'il n'y a pas de victimes et que tout est parfaitement normal. Nous vous mettons au défi de mettre en place une commission parlementaire, itinérante autant que possible, pour entendre toutes les personnes et organisations sur leurs expériences avec le Mouvement Desjardins et ses composantes. La vérité sera dérangeante: il nous apparaît que vous la fuyez dans le cas de Desjardins. On se demande si vos conseillers ne vous induisent pas largement en erreur ou vous empêchent d'avoir accès à l'information pertinente. Avez-vous peur que les Québécois découvrent que des politiciens et des hauts dirigeants du Mouvement Desjardins couchent ensemble et agissent contre leurs intérêts réels pour satisfaire des groupes particuliers d'intérêt à la place? Le Protecteur du Citoyen fait des constats inquiétants, mais bien réels, sur la société québécoise. Ceux-ci trouvent leur écho dans tout ce qui concerne Desjardins. Il faudra vous en rendre compte un jour ou l'autre.
Nous comprenons mal cet entêtement à protéger une organisation, un monopole qui travaille autant contre les intérêts des Québécois et les exploitent. Serait-ce que vous ayiez, vous-même et votre entourage, des retours d'ascenseur à accorder à des gens de Desjardins qui sont des appuis financiers ou autres dans vos initiatives?
Enfin, nous vous rappelons que vous avez préféré nous ignorer en matière de financement de notre organisation. Vous ne nous avez jamais répondu à cet effet. Serait-ce que nous accorder des fonds publics pour nous permettre d'aider les Québécois deviendrait un aveu des graves problèmes présents dans Desjardins et dont des dizaines et dizaines de milliers de Québécois font les frais? Serait-ce que notre travail dérange des personnes asservies à des intérêts politiques peu transparents?
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de nos salutations distinguées.
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