«M. Brian Mulroney et M. Bernard Landry, premier ministre,
    lors de la cérémonie de remise des insignes de l'Ordre national,
    le 14 mai 2002, à la Salle du Conseil législatif de l'Hôtel du Parlement.
    Photographie Clément Allard»

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BERNARD LANDRY
et
BRIAN MULRONEY


«il tenait salon au
Ritz Carlton,en tant
qu'un des principaux lobbyistes
du Parti Conservateur
de Bryan Mulroney
»

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Article pris sur IBRP - International Bureau for the Revolutionary Party - 2005/08

«Il a fait beaucoup d'argent…»

Suite à la démission surprise du chef du Parti Québécois, Bernard Landry, lors du Congrès de ce parti au début de juin, des effluves d'éloges et d'hommages à son égard ont émané du corps politique bourgeois. S'il faut croire le panégyrique, il aurait été un homme de devoir, de culture et de service; de conviction et de dévouement; un homme dont l'engagement social exprimait tout simplement la conception qu'il avait de sa personne, celle d'un simple serviteur de la « société ». Il aurait été un social-démocrate « dans le vrai sens du terme », comme s'il s'agissait là d'un compliment… Cependant, lors de sa biographie diffusée au réseau TVA, au moins un journaliste a légèrement levé le voile doré qu'on s'apprêtait à déposer tout benoîtement sur sa carrière d'homme public.

En gros, le reportage en question révélait que « Bernard Landry a fait beaucoup d'argent à l'époque où il tenait salon au Ritz Carlton, en tant qu'un des principaux lobbyistes du Parti Conservateur de Bryan Mulroney, lors de la campagne en faveur de l'adoption de l'Accord de libre-échange nord-américain. » On a pu alors voir Landry vanter certaines politiques sociales américaines, dont il disait que le caractère progressiste avait de quoi faire pâmer une certaine centrale syndicale québécoise… Nous savons très bien pour qui et pourquoi se pâment les syndicats québécois, mais là n'est pas le propos de ce billet. Notre propos est de faire le vrai bilan de son œuvre et ainsi évoquer un autre Bernard Landry, celui qui n'a pas été rappelé par les claqueurs intéressés que sont ses collègues et ses complices de la classe exploiteuse.

Le Bernard Landry dont nous nous rappelons est le Bernard Landry qui, à l'époque où il était le Ministre des Finances en 1996, a piloté l'opération du fameux Déficit Zéro et son deux milliards de coupures dans les programmes sociaux. C'est le même social-démocrate qui de 1997 à l'an 2000, présida à une réduction totale de 20% des budgets de la Santé, de l'Éducation, de l'Aide Sociale et de l'Environnement. Ce militant « honorable » sera un acteur important, en tant que ministre influent du Cabinet Lévesque, lors de la campagne politique de 1981 contre « l'égoïsme » des travailleurs et des travailleuses du secteur public, ce qui aboutira à une coupure de salaire de 20% à leur endroit. Le Landry que nous connaissons est le nationaliste enragé qui s'attaqua à un commis d'hôtel, le soir de sa défaite au dernier référendum. Le Landry que nous n'oublierons jamais est le bourgeois dégueulasse qui a comparé défavorablement l'intelligence des mères de familles assistées sociales à celles des moineaux ou des hirondelles, car selon lui, au moins les oiseaux « trouvent le moyen de nourrir leurs enfants convenablement ». C'est ce même Landry qui tenta de couper le déjeuner de 10 000 enfants en 1995… Belle logique Bernard! Enfin, et pour faire suite à tous ces plumitifs acoquinés et serviles qui louèrent son sens du devoir et du courage, nous rappellerons ce Bernard Landry, qui en 1986, étant temporairement éloigné des bancs de l'Assemblée nationale par les aléas de la vie électorale, fut un des seuls professeurs de l'UQAM à « s'illustrer » sur les lignes de piquetage, lors de la grande grève étudiante de cet automne-là. En effet, le professeur du Département des sciences administratives qu'il était alors, se faisait un devoir de jouer du coude et de tenter de franchir les lignes de piquetage des grévistes avec sa petite horde de petits coqs réacs et enragés.

Un homme de courage et de devoir disaient-ils…Un social-démocrate « dans le vrai sens du terme »? Certainement! Dans la tradition traîtresse et sanguinaire des Noske, Ebert et Scheidemann, ces réformistes pourris qui ont ordonné l'assassinat de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht; ces vendus qui se sont portés au secours du capital alors menacé. Landry a certes été un homme engagé, un homme de culture et de service. En effet, tout au long de sa vie, il fut engagé à s'enrichir, il cultiva les divisions nationales et il fut au service entier et intéressé d'un système exploiteur et perfide.

Horresco referens…»

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OGILVY RENAULT