ACHARNEMENT DE LA CAISSE MORIN DE ST-HYACINTHE CONTRE LES FRÈRES LAFOND, VICTIMES D'UNE ARNAQUE IMPLIQUANT AUSSI LA CAISSE ST-LAURENT À MONTRÉAL

3 mai 1997

Le cas des frères Lafond de St-Hyacinthe est une autre parfaite illustration du cancer qui ronge le Mouvement Desjardins et du non respect des principes d'entraide et de coopération qui ont été à la base de cette organisation, en particulier des caisses populaires.

Les frères Lafond sont des hommes d'affaires de St-Hyacinthe qui possédaient entre autre des stations d'essence et qui faisaient affaires avec la Caisse Morin, y ayant des comptes mais aussi des emprunts. Ils se sont faits offrir par les Pétroles Crevier de St-Laurent de développer leurs stations en les réaménageant. N'ayant pas les fonds nécessaires pour un tel investissement, ils avaient refusé. Les employés des Pétroles Crevier leur ont fait miroiter, d'après leurs études, un rendement garanti de 182 000$ par année (après paiement des impôts). Pour les attirer dans ce qui s'est avéré une véritable arnaque, les Pétroles Crevier leur ont aussi indiqué qu'ils allaient endosser le prêt à cette fin à la Caisse St-Laurent et qu'ils n'auraient aucun problème. Les rénovations allaient être faites aux conditions des Pétroles Crevier par son entrepreneur attitré, au service des Pétroles Crevier à l'année, au montant de 600 000$. Lors d'une première démarche par les frères Lafond, la Caisse St-Laurent refusa de financer le projet.

C'est un M. Claude Béland, employé des Pétroles Crevier, qui fit, dans une seconde étape, une demande de prêt à la Caisse, prétendûment au nom des frères Lafond. Ces derniers furent appelés à la Caisse pour signer l'octroi d'un prêt de 600 000$, qu'ils n'avaient pas demandé, se considérant non solvables pour un prêt de cet ordre. Ils signèrent finalement des documents, s'étant faits dire par les Pétroles Crevier que la compagnie avait endossé le prêt. Les frères Lafond apprirent peu de temps après que les Pétroles Crevier n'avaient pas endossé le prêt malgré ce qu'on avait fait croire, la Caisse St-Laurent refusant immédiatement d'annuler la transaction financière. S'ils n'avaient pas eu une promesse des Pétroles Crevier d'endosser le prêt, ils n'auraient jamais accepté de signer quoique ce soit. Ils avaient d'ailleurs mis en garantie en plus leurs stations-services. Une partie du prêt était faite en vertu du programme fédéral de prêts aux petites entreprises (PPE). Dans ce cas, il fallait, pour obtenir les argents, que les frères Lafond signent les documents pertinents et opèrent les stations en cause.

Dès qu'ils ont constaté que les Pétroles Crevier n'avaient pas endossé, les frères Lafond firent plusieurs démarches auprès de la Caisse. Ainsi, Jean-Louis, l'un des trois frères, se rendit à la Caisse déposer les bilans de leur compagnie, bilans qui démontraient l'incapacité factuelle d'assumer la dette contractée et le caractère anormal du prêt consenti par la Caisse. Les dirigeants de la Caisse firent la sourde oreille et refusèrent d'annuler le prêt. Pendant ce temps, les Pétroles Crevier engageaient des dépenses pour rénover les deux stations sans même que le fond de cette affaire soit éclaircie. Dans la suite des événements, les frères Lafond constatèrent que Jean Crevier, des Pétroles Crevier, était sur la Commission de crédit de la Caisse St-Laurent. Ils firent des démarches pour révéler ce fait, ce qui conduisit finalement à la démission de cet individu de la Commission de crédit, mais aussi au congédiement du Directeur général de la Caisse et de l'employé impliqué dans le dossier des frères Lafond. Depuis, les frères Lafond ont mis la main sur divers documents montrant comment la fraude a été perpétrée et aussi l'existence de documents falsifiés au niveau des signatures et d'autres éléments. Démasquées, la Caisse et la Fédération des Caisses de Montréal et de l'Ouest du Québec avaient tout de suite engagé le processus pour masquer l'affaire et faire payer le gros prix à ceux qui avaient dénoncé l'affaire, soit les frères Lafond.

Dans ce dossier, il y a un montant important garanti par le gouvernement fédéral à travers le PPE (plus de 200 000$). La Caisse St-Laurent et les Pétroles Crevier se trouvent à avoir enfreints les dispositions de ce programme en utilisant l'argent à d'autres fins que celles prévues, fins d'ailleurs interdites par le programme fédéral. Les frères Lafond n'avaient pas été impliqués dans la démarche de prêt alors qu'ils devaient être directement responsables et rendre des comptes. Récemment, ils ont demandé que la Gendarmerie Royale du Canada enquête sur cette affaire, ce qui pourrait conduire à d'autres cas reliés aux caisses populaires au Québec qui ont fait de tels prêts dans des circonstances douteuses, certains dossiers étant déjà entre les mains du Regroupement qui enquête. 

Compte tenu des énormes problèmes que cela occasionne aux frères Lafond, ils se sont trouvés en difficulté avec la Caisse Morin. Les Lafond ont loué l'une de leurs stations-services à une personne qui a fait affaires avec cette Caisse. Cet individu a remis les clés à la Caisse ne pouvant plus assumer les charges de son commerce. Les frères Lafond sont premiers créanciers dans le cadre du bail signé avec cette personne. La Caisse Morin étant en situation de créancier avec le locateur, a décidé de prendre possession de tous les biens dans le commerce, même ceux qui appartiennent aux frères Lafond. La Caisse était en voie de réaliser cette manoeuvre à l'insu de ces derniers en ne les avisant pas des procédures engagées autour du locataire. De toute évidence, ce sont des représailles pour contrer les efforts de ces gens d'obtenir justice car la Caisse Morin sait très bien ce qui s'est passé à la Caisse St-Laurent. Ces trois frères ont dépensé jusqu'ici des dizaines de milliers de $ en frais judiciaires pour nettoyer cette affaire et ils ont subi nombre de préjudices en plus de voir la Sûreté du Québec refuser d'amener au criminel cette affaire de fraude. La Caisse Morin entend s'approprier les biens des frères Lafond, lundi le 5 mai 1997, même ceux qu'ils n'ont pas le droit de retenir. Tout cela pour empêcher les frères Lafond de mener à terme leur enquête. La Fédération de Montréal où se retrouve la Caisse St-Laurent et la Fédération Richelieu-Yamaska n'ont aucun intérêt à ce que les dessous de cette affaire deviennent publics, car ce n'est pas très rose.

Pour être certains de détruire les frères Lafond, les dirigeants en cause chez Desjardins ont engagé des procédures judiciaires fort coûteuses, dilatoires et d'intimidation contre les frères Lafond, en plus d'imposer à ces derniers des dépenses considérables, tout cela simplement pour s'assurer de leur casser les reins pour que l'affaire s'éteigne à tout jamais, ce que Béland a déjà appelé le mode de "règlement à l'amiable" chez Desjardins, sur lequel ce dernier peut toujours dire qu'il n'y a pas de problèmes puisqu'ils ont été "réglés". Mais de quelle façon et à quel prix? Par suite de ce communiqué, la Caisse a réglé, fait rare!