TRANSMISSION À EQUIFAX D'INFORMATIONS
PAR DES CAISSES POPULAIRES POUR NUIRE À DES PERSONNES
OU DES COMPAGNIES QUI VEULENT FAIRE AFFAIRES AVEC
UNE AUTRE INSTITUTION FINANCIÈRE
Le 4 avril 1998

Le Regroupement vient tout juste de rendre publique l'information sur le non respect des dispositions du Code criminel (article 347(2)) par le Mouvement Desjardins relativement aux frais de découvert. Il ne faut pas s'étonner de constater que cette découverte touche des centaines de milliers de Québécois qui sont victimes des abus de leurs caisses populaires, et cela depuis des années. Le cas des frais de découvert n'est qu'une dimension des problèmes auxquels font face les consommateurs qui s'avisent de faire affaires avec une caisse populaire. Le mépris des sociétaires et les abus prennent plusieurs formes dont la suivante: les caisses populaires se servent régulièrement d'Équifax contre leurs propres sociétaires. Les exemples nous entrent de plus en plus documentés.

Ce sont les caisses populaires qui transmettent à Équifax des renseignements sur leurs clients à leur entière discrétion et qui leur donnent une cote. Ce n'est pas Équifax qui fait ce travail. Comme la majorité des consommateurs ne découvrent ce qui se trouve dans les fichiers de cette compagnie que s'ils font une demande d'accès en bonne et dûe forme à leurs dossiers, ils ne peuvent se douter si les renseignements inclus dans ces dossiers sont inexacts, abusifs ou tout simplement ne vous concernent pas. Les constats permettent de réaliser que des caisses vont même jusqu'à mettre "adresse inconnue" ou "parti sans laisser d'adresse" pour s'assurer de nuire à un sociétaire qui a des difficultés avec une institution donnée. Dans tous les cas, on a pu constater que le sociétaire était facile à rejoindre et que son adresse était bel et bien connue et facilement accessible.

Accéder aux informations d'Équifax est devenu bien complexe pour les individus puisque cette compagnie a tout concentré ses bureaux à Montréal. Les citoyens ordinaires ne connaissent pas leurs droits vis-à-vis de l'accès à l'information dans les fichiers contenues dans les fichiers de cette compagnie et leur droit de faire corriger ce qui s'y trouve.

Des sociétaires qui ont fait appel au Regroupement ont permis de découvrir comment les caisses se servent d'Équifax contre leurs clients, un véritable cauchemar pour plusieurs d'entre eux. On a pu constater que des sociétaires qui veulent changer d'institution financière, que cette dernière est prête à accepter, reçoivent un accueil majoritairement favorable mais que cela se retourne contre ces gens lorsque la banque appelle à la Caisse pour s'enquérir d'informations sur le client en question. Le dossier est vite noirci et les informations se retrouvent sur Équifax avec une cote défavorable. La banque n'a d'autre choix alors que de refuser ce client qu'elle était pourtant prête à accueillir.

Dans les caisses populaires, la surprise vient généralement le jour où un client, rencontrant des difficultés avec sa Caisse ou étant insatisfait du service, annonce son intention de transférer à une autre institution financière ou d'emprunter dans une autre ou encore de déplacer ses fonds de placements ailleurs. Les cas analysés et les observations recueillies de vive voix auprès de victimes montrent que la Caisse de cette personne se sert du dossier qu'elle a sur son client pour le retourner contre lui, en se justifiant arbitrairement de lui décerner une cote basse et peu avantageeuse. Ceci a automatiquement pour effet de l'empêcher d'avoir tout crédit ailleurs et de lui nuire, sans compter toutes les autres conséquences que cela se trouve à avoir sur sa vie quotidienne et sur ses activités. Les exemples ne manquent pas à cet effet. On rend les clients esclaves, à toutes fins pratiques, de la Caisse; les victimes sont sans défense devant de telles manoeuvres.

Les consommateurs ne savent généralement pas comment se défendre devant de tels abus commis à l'encontre des règles les plus élémentaires du bon sens et de l'honnêteté et à l'encontre des lois en vigueur. Comme pour les frais de découvert et de nombreuses autres pratiques abusives, les hauts dirigeants du Mouvement Desjardins n'ont absolument rien fait à ce jour pour les arrêter et compenser les personnes et les organisations victimes de ces manoeuvres odieuses. Un cas à l'étude présentement à la Caisse populaire de Chertsey, près de Joliette, et un autre à la Caisse Ste-Jeanne-d'Arc à Montréal illustrent très bien comment les dirigeants de la Caisse s'y prennent pour démolir des sociétaires qui osent critiquer leurs façons de faire. Un scandale tout simplement! Les Fédérations qui chapeautent ces caisses endossent ces pratiques, ce qui est tout de même curieux! Faut-il croire que c'est une autre façon pour les dirigeants de Desjardins de faire des surplus sur le dos de leurs sociétaires, peu importe sur les moyens pour y arriver soit légaux ou non?

Le Regroupement invite toute personne ou organisation qui subit de tels abus de le lui signaler dans les meilleurs délais par écrit, soit par fax (418-871-6306) ou courrier électronique (pierrett@videotron.ca). Autant que cela est possible, nous souhaitons avoir copie des documents pertinents qui montrent les agissements des gens de Desjardins. Il faut dénoncer toutes les formes d'abus contre les consommateurs.