VAGUE DE CONGÉDIEMENTS ARBITRAIRES DE DIRECTEURS GÉNÉRAUX DE CAISSES POPULAIRES À TRAVERS LA PROVINCE

20 décembre 1996

Le Regroupement receuille, depuis quelques mois, toutes sortes d'informations sur les directeurs généraux. S'il a découvert des cas de directeurs généraux impliqués dans des affaires plus que douteuses sinon frauduleuses, il a aussi constaté que les conseils d'administration de plusieurs Caisses adoptaient une attitude très particulière avec des directeurs généraux qui ne se pliaient pas à leurs caprices ou intérêts particuliers ou à ceux de certains de leurs membres.

Le Regroupement a déjà rendu public le cas de M. Claude Stébenne, ancien Directeur général de la Caisse Sherbrooke-Est, cette Caisse qui est, depuis son congédiement sans motif, au centre de nombreuses révélations sur les irrégularités commises par les dirigeants en place. C'est cette Caisse qui a fait l'objet de révélations sur son prêt aux Hell's pour la construction de leur repaire à Lennoxville (rapporté par la Tribune de Sherbrooke et The Gazette), du complot monté contre l'homme d'affaires Robert Proteau, des magouilles de son directeur du crédit, de l'affaire Hamel, du camouflage de toutes ces affaires par la Fédération des Caisses de l'Estrie et son Président, André Roy, lui-même collègue du Président de la Caisse Sherbrooke-Est à l'Université de Sherbrooke.

Les sociétaires ne sont généralement pas avisés du départ d'un Directeur général, et encore moins des motifs. On découvre ainsi que le Directeur général de la Caisse St-Charles-sur-le-Richelieu a été congédié sans motif à la suite de l'arrivée du Notaire Pierre Parker qui a pris le contrôle de la Caisse, en imposant que tous les contrats notariés passent par son propre bureau, ce à quoi a tenté de s'objecter le Directeur général, M. Serge Dion. Ce dernier a intenté une poursuite contre la Caisse.

À Tracy, la Caisse Riviera a congédié, en novembre 1995, son Directeur général sans motif aussi. Celui-ci, M. André Corriveau, a intenté des poursuites depuis contre les dirigeants de la Caisse. À Boischatel en banlieue de Québec, le directeur général, M. Vézina, a aussi été congédié sans motif apparent et il a intenté des poursuites. À Val Bélair, le directeur de la Caisse a aussi été mis à la porte sans motifs, etc...

Ceci n'est qu'un petit échantillon de ce qui se passe à travers la Province présentement. Le Regroupement va faire connaître d'autres cas au cours des semaines à venir. Le fait que les dirigeants des Caisses (Conseil d'administration, Commission de crédit et conseil de surveillance) ne soient pas élus dans le respect de la Loi sur les Caisses d'épargne et de crédit expliquent bien des choses, lorsqu'on constate que les dirigeants, les professionnels notamment, se servent de leur présence sur ces instances pour en tirer des avantages personnels ou pour leurs réseaux d'amis. Le Regroupement constate de jour en jour l'incroyable dispersion de la corruption et du trafic d'influences dans les Caisses Populaires notamment. Il est bien certain qu'un Directeur général, honnête et respectueux de ses sociétaires, ne peut survivre longtemps dans les combines qui se développent.