LES DESSOUS DU DOSSIER DE PLACE-DU-HAVRE ET LES AGISSEMENTS

DE LA CAISSE POPULAIRE DE CHANDLER

 

Le 18 janvier 1998

 

Dans un communiqué émis le 15 janvier 1998, le Regroupement a commencé à faire connaître aux Québécois, et particulièrement aux Gaspésiens, ce dossier sans entrer dans les détails et sans même nommer la victime et les responsables des actes, il faut le dire, plus qu'indécents et malhonnêtes, commis par ces derniers.

 

Toute l'affaire sent la magouille. Des gens envieux et ambitieux qui s'aperçoivent qu'un résident de leur région, l'homme d'affaires Jean-Paul Leblanc de Chandler, a eu une bonne idée, construire un centre d'achat, et que cela ouvre la porte à faire beaucoup d'argent. Ils veulent profiter de la manne à tout prix et ne lésinent pas sur les moyens pour y arriver. Ils s'adressent d'abord directement à M. Leblanc pour lui demander de les accepter comme partenaires-actionnaires dans son entreprise. Il refuse. Hors, ce Monsieur a financé tout son projet par le biais de cette Caisse et le financement à long terme n'est pas finalisé. On traîne donc les choses et, en plus, on se sert de toutes les informations confidentielles fournies par M. Leblanc pour monter l'arnaque contre lui. Devant son refus, il faut l'éliminer du décor d'une façon ou de l'autre et, dans son cas, quoi de mieux que de lui occasionner tous les troubles financiers possibles pour l'amener à changer d'idée ou à abandonner son entreprise.

 

Que fit-on? On créa une compagnie, Groupe Gest-Anses Inc., pour engager en parallèle des démarches pour acheter l'entreprise de M. Leblanc. On savait déjà très bien que les manoeuvres de la Caisse pour déstabiliser ce Monsieur était en marche. Pourquoi? C'est bien simple, ce que toutefois M. Leblanc ne savait pas à l'époque, certains de ses actionnaires étaient des dirigeants de la Caisse, tel que le prouvent les documents officiels disponibles. On y trouve en effet:

 

Eugène Bouchard, alors président de la commission de crédit de la Caisse de Chandler

Ronald Castilloux, alors administrateur de cette Caisse et maintenant son Président

Jean-Claude Ritchie, directeur général de la Caisse depuis plus de 30 ans

Un sociétaire de la Caisse et alors président de l'Association des marchands du centre-ville de Chandler, maintenant décédé

Michel Poirier, évaluateur attitré de la même Caisse

 

Beau conflit d'intérêt et infractions multiples aux lois, dont la Loi sur les caisses d'épargne et de crédit et la Loi d'accès à l'information. On se servait tout simplement du dossier de M. Leblanc à la Caisse pour se préparer à prendre possession de Place-du-Havre. Au fur et à mesure que l'on va entrer dans les dessous de ce dossier, les Gaspésiens vont découvrir encore mieux de quelle façon le Mouvement Desjardins les berne, en ayant protégé les responsables de cette arnaque dont certains sont toujours en fonction, soit Castilloux et Ritchie. Est-ce que ces gens, parce que c'est la plus grosse Caisse de la Gaspésie, sont ceux qui mènent la Fédération des Caisses de la Gaspésie et des Iles-de-la-Madeleine et bénéficient ainsi de pouvoirs abusifs? Serait-ce que d'autres dirigeants de cette Fédération sont eux-mêmes compromis dans toutes sortes d'affaires peu reluisantes et toujours cachées aux sociétaires qui les obligent à se taire? La loi de l'Omerta, quoi!

 

Le Président actuel de la Fédération, le notaire Raymond Gagné, ne peut ignorer les dossiers de sa Fédération. Il ne peut pas ne pas savoir qu'on n'a toujours pas réparé les dommages graves causés à M. Leblanc dans cette affaire. Qu'attend-il pour annoncer que tous les cas-problèmes vont faire l'objet d'une compensation immédiate à toutes les vicimes d'actes posés dans les établissements dont il a la responsabilité? Il faut dire que lui-même est dans le trouble même s'il essaie de se faire protéger par la Confédération!

 

Plus cette Fédération et le Mouvement Desjardins vont retarder d'avouer l'existence des irrégularités commises contre des sociétaires, plus cela va donner de temps au Regroupement de documenter les dossiers pour les rendre accessibles aux médias mais aussi sur l'extraordinaire véhicule qu'est Internet.

 

Derrière la façade de Desjardins se cachent en réalité des milliers d'affaires magouilleuses et même crapuleuses. Et étrangement, les dirigeants de Desjardins à tous les niveaux font preuve d'une incroyable arrogance comme s'il était tout simplement normal pour eux que les gens du Mouvement Desjardins trompent, abusent, fraudent, intimident les sociétaires. Ne se considèrent-ils pas après tout comme un état dans l'état et qu'il leur suffit de faire un appel au Premier Ministre ou au Ministre des Finances pour que ces gens s'écrasent devant leur toute puissance ou leur rappellent qu'ils ont besoin de leur argent en certaines circonstances? Les couloirs du pouvoir réservent de bien étranges découvertes sur les agissements de certains personnages de Desjardins. L'ancien Inspecteur général des Institutions financières, Jean-Marie Bouchard, qui est maintenant un haut dirigeant de Desjardins, ne cesse de se vanter d'être en bonnes relations avec les politiciens précédents et d'avoir de bonnes antennes auprès d'eux. Lui et d'autres de son organisation pourront-ils indéfiniment camoufler les affaires illégales qui se passent chez Desjardins depuis plusieurs années? La marmite est pleine et est en voie de leur exploser en pleine figure. Leur arrogance les aveugle et ils ne voient pas ce qui s'en vient...