LE CAS DE LA CAISSE DE LA MAISON DE RADIO CANADA-- UNE AUTRE CAISSE POPULAIRE EN COUR POUR N'AVOIR PAS RESPECTÉ LES RÈGLES ÉLÉMENTAIRES DU DROIT

15 novembre 1996

Le Regroupement des Victimes des caisses populaires porte à l'attention publique un autre cas grave dans lequel une personne s'est faite dépossédée de ses biens et où la Caisse Populaire se trouve au centre de la manoeuvre contre elle. Après plusieurs années de démarches pour avoir accès à des documents élémentaires et pour obtenir justice, Mme Raymonde Corbo de Brossard est sur le point de déposer une action importante contre le Mouvement Desjardins.

Mme Corbo est au début de son aventure une professeure de grande réputation en patinage artistique au Québec. Elle a depuis tout abandonné pour se défendre dans son dossier où elle s'est retrouvée du jour au lendemain victime d'une fraude évidente. Enseignante au Quatre Glaces de Brossard, Mme Corbo décide de se construire une résidence pour accueillir ses étudiants mais aussi, dans une autre étape, des personnes âgées. Le projet se réalise effectivement mais donne lieu en cours de route à des difficultés avec un briqueleur qui réclame des frais plus élevés que convenus. Ceci amène Mme Corbo à renégocier ses emprunts à la Caisse Populaire St-Luc. Au cours de cette période, la mère de l'une de ses élèves, Mme Mai Thi Hanh, se propose pour investir avec elle dans la résidence. Mme Corbo se laisse convaincre et se retrouve bientôt devant le notaire de Mme Hanh pour signer des papiers. Sous pression, Mme Corbo, licenciée en droit, finit par signer des documents qui lui apparaissent contenir des failles importantes. Mais on ne lui laisse pas le temps de réagir et de consulter un avocat.

Mme Hanh, employée de Radio Canada et congédiée depuis, demande que le compte de la nouvelle raison sociale soit ouvert à la Caisse Populaire de la Maison de Radio Canada et que Mme Corbo procède par transaction inter-caisse. Il était entendu que tout chèque se ferait obligatoirement avec deux signatures. Les documents disponibles le prouvent amplement. Mme Corbo fait des dépôts inter-caisse jusqu'au jour où sa Caisse lui apprend qu'il y a changement de folio et que le dépôt ne peut plus être fait. Après quelques démarches, Mme Corbo découvre que Mme Hanh a ouvert un nouveau compte et une nouvelle raison sociale avec l'implication de la Caisse de Radio Canada, à l'insu de Mme Corbo. En plus, cette opération avait eu pour effet de camoufler une sortie de fonds importante du compte de Mme Corbo, le compte initial, qui a été transféré dans ce nouveau compte de Mme Hanh. Cette dernière Caisse lui a refusé pendant des mois et des mois de lui fournir les relevés de comptes ainsi que les résolutions prouvant que Mme Hanh était bien mandatée par les deux personnes pour ouvrir ce second compte. Par suite d'un ordre de Cour et après des délais et des frais considérables, la Caisse fut contrainte de les lui donner.

Pendant toute la période, la Caisse Populaire de la Maison de Radio Canada, la Fédération des Caisses Populaires de Montréal et de l'Ouest du Québec et la haute direction du Mouvement Desjardins ont manoeuvré pour faire en sorte de nuire par tous les moyens possible à Mme Corbo et l'ont discrédité dans la région de Montréal, en plus de lui refuser l'accès à une information qu'elle était pleinement en droit de recevoir. On a systématiquement détruit son dossier de crédit, calomnié et fait passer pour la fraudeuse alors qu'elle était de toute évidence la victime. Ce faisant, le Mouvement Desjardins était convaincu de pouvoir éviter d'avoir à payer les dommages et s'assurait ainsi de faire traîner les choses en comptant que Mme Corbo allait abandonner en cours de route.

Malheureusement, pour les gens du Mouvement Desjardins, ils ont cru qu'il suffisait d'intimider des sociétaires de caisses, de leur faire perdre de l'argent, de les amener dans des procédures coûteuses et interminables, pour s'en tirer. Le cas de Mme Corbo est une autre illustration des moyens pris par cette organisation pour abuser de son pouvoir à l'encontre de ses membres. C'est un cas de plus dans les multiples situations déjà portées à l'attention publique.

Le Fondateur du Mouvement Desjardins renierait certainement les dirigeants d'aujourd'hui en constatant à quel point il est maintenant tout à fait étranger aux principes et aux valeurs qui ont été sa force durant plusieurs décennies. Le cas de Mme Corbo fait partie des dizaines et des dizaines d'affaires qu'accumule présentement le Regroupement. Même si les médias sortent à l'occasion quelques affaires reliées au Mouvement Desjardins, cela demeure la pointe de l'iceberg et, une fois ces cas connus, il n'y a plus aucune suite médiatique alors que rien n'est réglé généralement, le Mouvement Desjardins prenant des moyens inimaginables pour éviter d'avoir à dédommager les victimes des comportements plus que douteux des gens de son organisation.