Québec, le 11 septembre 1997
Réf.: dossier de Mme Bibiane Proulx
Monsieur,
Mme Proulx et M. Charland vous ont adressé par courrier leur dossier exposant les graves préjudices subis dont la responsabilité incombe à la Caisse Populaire Ste-Jeanne d'Arc et à son Directeur général, Serge Chénier. Mme Proulx a mandaté le soussigné pour s'occuper de négocier tous les aspects de son dossier. Vous avez copie de ce mandat donné par écrit. Je vous ai transmis copie de la lettre que j'ai envoyé au Président de la Caisse Ste-Jeanne d'Arc, M. Champagne, et à une bonne partie du conseil d'administration et du conseil de surveillance de cette dernière.
La Caisse n'a toujours pas accusé réception à la mienne, manifestation d'arrogance de toute évidence, geste fort malhabile et révélateur. De votre côté, je constate que vous n'avez pas davantage tenu compte du contenu de cette lettre et que Mme Proulx continue présentement à subir les conséquences du geste irresponsable de la Caisse Ste-Jeanne d'Arc.
Mme Proulx m'a signalé le fait qu'on ne lui a toujours pas remboursé les montants des comptes d'électricité qu'elle n'avait tout simplement pas à payer sur des propriétés qui n'étaient plus les siennes. Il serait plus que temps que cette somme d'environ 3 000$ lui soit retournée. Présentement, Hydro, la Caisse et votre bureau prenez un malin plaisir à retarder les choses.
Par ailleurs, il n'est que normal, si vous avez effectivement fait corriger le dossier de Mme Proulx chez Equifax que vous lui en faisiez parvenir copie. Ce n'est pas à elle à faire une telle démarche d'autant plus que M. Couture de votre bureau a fait savoir par téléphone à Mme Proulx qu'il aurait contribué lui-même à régler cette bavure. C'est le minimum de politesse qu'on peut exiger dans une société qui se dit civilisée. Si vous croyez que le fait de rembourser les frais d'électricité à Mme Proulx et corriger son dossier chez Equifax règle le problème, vous serez déçu.
Compte tenu de toute l'information recueillie sur ce dossier, il est bien évident que la Caisse en question devra compenser Mme Proulx pour les préjudices causés. Mme Proulx a déjà écrit à vos bureaux pour exposer l'étendue des problèmes occasionnés par les gestes douteux du Directeur de la Caisse en question. Mme Proulx m'a mandaté pour négocier les termes des arrangements les plus justes pour elle et sa famille. Je m'attends donc à recevoir dans les meilleurs délais réponse à la lettre que j'ai envoyée à la Caisse, le 25 juillet 1997, afin d'engager cette démarche de réparation à l'égard de Mme Proulx. C'est un préalable nécessaire et incontournable. /P>
Même si nous savons bien que le Mouvement Desjardins se plaît à dépenser des sommes considérables en frais d'avocats pour démolir des sociétaires, le présent dossier nécessitera l'intervention d'un avocat pour aider Mme Proulx à obtenir pleine justice dans cette affaire que le Regroupement va par ailleurs médiatiser le plus possible. Les administrateurs de cette Caisse et ceux de la Fédération pourront alors être tenus conjointement et solidairement responsables.
Mes collègues et moi-même sommes de jour en jour toujours plus surpris des comportements abusifs et dilatoires observés dans le Mouvement Desjardins et, au premier titre, dans les Caisses Populaires. Nous lisons les écrits du Fondateur, M. Alphonse Desjardins, et découvrons à quel point votre organisation s'éloigne profondément des principes et valeurs pour lesquels il s'est chèrement battu pendant toute sa vie. Il renierait certainement son Mouvement aujourd'hui en constatant qu'il est devenu un outil d'exploitation des gens ordinaires et sans défense.
Les agissements dont nous sommes mis au courant à l'encontre de Mme Proulx et même de M. Charland, la personne qui l'aide si bien, constituent une tache majeure qui nuit à la crédibilité du Mouvement Desjardins. Vous ne semblez pas réaliser encore à quel point les révélations entourant ces comportements sont dommageables pour votre organisation. Nous allons frapper encore jusqu'au jour où des personnes en situation de décision comme vous allez comprendre qu'il est impératif de réparer les préjudices causés et de transformer votre Mouvement pour en refaire une véritable coopérative.
Pour l'instant, nous assistons à un véritable détournement d'institution sur le dos des sociétaires, qui deviennent de moins en moins naïfs au fur et à mesure que les médias parlent de ce qui se passe dans votre organisation. Ce n'est pourtant pas fini! Nous vous rappellerons le cas de la Caisse Ste-Jeanne d'Arc de toutes sortes de façons puisque deux autres dossiers sont entre nos mains. Vous aurez à choisir entre une publicité continue sur les agissements de cette Caisse ou un règlement qui rendra justice aux victimes.
Espérant que vous comprendrez qu'il est impératif de régler le cas de Mme Proulx ainsi que les deux autres en notre possession, je m'attends à recevoir une réponse dans les meilleurs délais comme indication de votre réelle bonne volonté de travailler avec nous à la solution de tels problèmes qui n'ont aucune raison de se produire dans une organisation qui se dit au service des Québécois.
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