DÉMOCRATIE ET COOPÉRATION: DEUX NOTIONS POURTANT FONDAMENTALES BAFOUÉES QUOTIDIENNEMENT PAR LE MOUVEMENT DESJARDINS
11 juin 1996
A ses origines et depuis quelques décennies, ce Mouvement a sans doute fonctionné grâce à la participation active de ses membres. Les mots démocratie et coopération y avaient alors un véritable sens et suscitaient le respect. Toutefois, au cours des dernières décennies, les dirigeants du Mouvement et les groupes d'intérêt qui en ont pris le contrôle à divers niveaux l'ont éloigné considérablement des principes et des visées du fondateur. Béland et cie passent leur temps à endormir la population et leurs sociétaires en faisant croire que ces notions sont toujours respectées et que les sociétaires participent. Il n'est pourtant pas difficile de vérifier ce qu'il en est à travers la Province pour constater à quel point Béland et cie sont décrochés de la réalité.
Le Regroupement s'est engagé dans la fouille des pratiques reliées aux assemblées générales des Caisses Populaires et a rapidement constaté que les notions de démocratie et de coopération y sont bafouées de plus d'une façon et, au premier titre, au niveau le plus important, celui des assemblées pourtant prévues dans la Loi sur les Caisses d'épargne et de crédit.
Il n'est pas difficile de trouver des explications à cela. L'une d'elles, fort révélatrice d'ailleurs, tient au fait que les dirigeants de Caisses Populaires, dans une très large majorité de cas, ne respectent même pas les dispositions de la Loi en ce qui concerne les convocations d'assemblée. En vertu de l'article 104, tout sociétaire doit recevoir un avis de convocation chez lui personnellement et par écrit. Or, les dirigeants ignorent cela tout à fait. Le seul moyen d'y échapper serait lorsqu'ils ont passé un règlement approuvé par les membres ne les obligeant pas à faire cet avis de convocation personnelle.
Pour ce faire, il faut toutefois au préalable que tous les sociétaires sans exception aient été prévenus de cette intention de les soustraire à une convocation et qu'ils aient eu l'occasion d'en débattre lors d'une assemblée. Vérification faite, on s'aperçoit que généralement cela ne s'est pas produit.
Ce faisant, on touche là un problème fondamental: le non respect des règles les plus élémentaires de la démocratie, soit de s'assurer que chacun ait un égal droit à l'information et à la participation au processus consultatif. Cela va plus loin puisque ces assemblées n'étant pas tenues légalement, il s'ensuit que les dirigeants ne sont pas légalement en droit d'exercer leurs fonctions et de poser des actes au nom des sociétaires.
Pourquoi a-t-on tant tenu à cacher ce problème jusqu'ici et surtout à éviter que les sociétaires soient tous sans exception mis au courant de ce que signifiait une absence de convocation personnelle aux assemblées? Qui n'a pas entendu parler de ces assemblées où peu de personnes sont présentes dans la salle, personnes regroupant des amis ou des relations de gens qu'on veut placer sur l'une ou l'autre instance de caisse?
Un bel exemple nous est fourni par la Caisse Populaire St-Sacrement à Québec qui a tenu son assemblée générale récemment et qui a envoyé sa convocation aux sociétaires le jour même où se tenait la dite assemblée. Une estampille de la Société des Postes sur une lettre vient le confirmer. Point n'est besoin d'être avocat pour comprendre qu'une telle pratique est l'antithèse du respect des sociétaires.
Il suffit de vérifier auprès de sociétaires dans des Caisses à travers la Province pour découvrir vite à quel point cette pratique de ne pas convoquer personnellement les sociétaires est répandue.
L'argument des dirigeants est avant tout de prétendre que la convocation est affichée dans la Caisse. Ce n'est pas suffisant car une majorité de sociétaires ne se présentent plus à leur Caisse, utilisant de plus en plus les guichets automatiques. Les règles élémentaires en matière de démocratie et de coopération commandent pourtant qu'on respecte avant tout ses membres. Curieux, n'est-ce pas que Béland aille dire dans les médias que les sociétaires sont démocratiquement impliqués?