Le 30 novembre 1997
Les faits qui s'accumulent de toutes parts et les analyses réalisées
montrent à l'évidence que le Mouvement Desjardins n'est plus
un mouvement coopératif et que les dirigeants de ce dernier et des
dirigeants politiques continuent à tromper la population sur cette
réalité. Les articles fondamentaux de la Loi sur les caisses
d'épargne et de crédit, soit les articles 2 et 3, sont bafoués
quotidiennement. Ces dirigeants de Desjardins ont obtenu d'énormes
privilèges du gouvernement du Québec dont ils se servent
pour exploiter les Québécois, et cela depuis plusieurs années.
Parmi ces privilèges, il en est un qui a échappé à l'attention publique, la Loi sur les Caisses d'épargne et de crédit ayant été adoptée et révisée sans aucun débat public préalable. Ce privilège, c'est le fait que seul le Mouvement Desjardins, donc Béland et ses courtisans, a droit d'autoriser la création de caisses d'épargne et d'économie. C'est inscrit dans sa Loi. On a ainsi créé un monopole au Québec, empêchant des individus ou groupes, supposément libres et vivant dans une société démocratique, de se doter d'un outil à leur mesure comme une caisse. Il faut absolument être sous la bannière Desjardins. Certains ont essayé et se sont faits refuser ou encore les diri-geants de Desjardins ont exigé des pourcentages substantiels des candidats sur leurs surplus, un vrai système de chantage dans lequel le versement de commission devient la porte d'entrée vers le salut à la mode Desjardins.
Cette situation invraisemblable a plusieurs conséquences sérieuses. A l'heure actuelle, alors qu'il est connu que bien des choses inquiétantes et anormales se passent dans Desjardins, il est impossible pour des caisses qui voudraient se séparer de Desjardins de le faire. Elles doivent subir la descente aux enfers de l'ensemble du système et être affectées du même cancer qui ronge tout le Mouvement. Il est tout de même aberrant que les politiciens aient laissé se créer une telle situation sur le dos des Québécois.
Le Ministre Bernard Landry, qui est toute oreille aux requêtes du Mouvement Desjardins, aurait intérêt à s'ouvrir les yeux et à écouter les Québécois. La gravité du scandale Desjardins ne fait plus de doute. Le seul problème, c'est qu'il y a encore une complicité du silence bien présente pour empêcher les Québécois de connaître la vérité. Ce mur est en voie d'éclater. Quand ces derniers vont comprendre, la fin du Mouvement Desjardins sera proche et sans retour. La confiance s'effrite très vite et la crédibilité des hauts dirigeants de Desjardins est bien mince. Des spécialistes en parlent déjà. Le Regroupement a l'occasion d'échanger avec des intellectuels et de tels spécialistes qui sont fort inquiets de la dérive Desjardins et de l'exploitation éhontée des Québécois par cette institution.
Il est urgent que les individus et les groupes qui veulent mettre en place une nouvelle forme de coopératives d'épargne aient la possibilité de le faire sans subir le chantage du Mouvement Desjardins. On dira sans doute que le Conseil de la coopération du Québec a un rôle à jouer. Mais quand on sait que celui-ci est sous le contrôle complet de Béland et cie, il faut comprendre que celui-ci est en conflit d'intérêt.
La coopération est devenue un mythe au Québec. On utilise quotidiennement le vocabulaire de la coopération mais, dans les faits, on pratique le contraire. Des individus sans scrupule, prêts à aller jusqu'à la fraude, à la fabrication de faux, au parjure, au vol, au mensonge et aux pires abus, ont pris une très grande place dans le Mouvement Desjardins, du haut jusqu'en bas de la structure. Ces gens se sont infiltrés au vu et au su de dirigeants honnêtes, mais qui n'ont pas eu le courage de les empêcher d'entrer dans la place. Et une fois entrés, on les a laissés prendre le contrôle avec le résultat que maintenant, le Mouvement Desjardins est rongé par la corruption, le trafic d'influences, les manoeuvres de détournement en tous genres, y compris des dirigeants qui se servent de leurs fonctions pour leur avantage personnel ou celui de leurs proches.
Le Regroupement est de jour en jour mieux en mesure d'affirmer que le Mouvement Desjardins porte une responsabilité directe dans la croissance du nombre de pauvres, de faillites, de fermeture d'entreprises. Les cas reçus sont une belle illustration de la façon sauvage et malhonnête dont se comportent bien des administrateurs et dirigeants de ce Mouvement. Leur unique réflexe est de faire en sorte que les victimes de ce système n'aient pas l'occasion de se défendre. Il faut les débarrasser de l'avant-scène pour qu'ils ne puissent pas témoigner contre Desjardins.
Le Regroupement dérange car il est devenu le porte-parole de tous ces gens victimes du cancer Desjardins. Il est là pour demeurer. Les révélations vont se multiplier. Y aura-t-il des personnalités respectées et des politiciens qui auront le courage de dire aux dirigeants de Desjardins que assez, c'est assez? Un débat public s'impose. La pétition du Regroupement demandant une enquête publique sur le Mouvement Desjardins est plus que jamais justifiée.
D'ici Noël, le Regroupement va dénoncer plus de 20 caisses, particulièrement celles dans lesquelles les administrateurs et dirigeants se font des prêts hors norme et bien généreux, des caisses qui font payer aux victimes des erreurs commises par des cadres et/ou employés, des caisses dans lesquelles les conflits d'intérêts sont bien présents, etc... Y trouvera-t-on d'autres Gérald Larose qui se servent de leur fonction et de leur notoriété pour obtenir des prêts avantageux ou des privilèges? Le Regroupement a bien des surprises en réserve.