DES DÉCLARATIONS RÉVÉLATRICES QUI DEVRAIENT RÉVEILLER LES MÉDIAS SUR CE QUI SE PASSE DANS LE MOUVEMENT DESJARDINS
4 avril 1997
Depuis février 1996, le Regroupement a engagé un travail difficile et lourd de sensibilisation vis-à-vis de la gravité du cancer présent dans le Mouvement Desjardins. Quelques journalistes ont eu le courage de sortir des dossiers au cours des années récentes, à leur risque et péril. Mais grand bien leur fasse pour avoir accepté de faire un travail professionnel et de souci de la vérité!
Quand des écrivains comme Victor Lévy-Beaulieu ou des présidents de caisse ou même M. Michel Chartrand, dans un interview récent avec Anne-Marie Dussault, se mettent à faire état des problèmes présents dans le Mouvement Desjardins, cela devrait donner un signal important que quelque chose ne tourne pas rond. Quand M. Michel Morin à Radio Canada fait état de faits graves et documentés concernant les dirigeants de Desjardins, il y a là aussi un indice de problèmes qu'on tente de camoufler depuis des années aux Québécois.
Le Regroupement transmet régulièrement des communiqués et des cas à des journalistes à travers la Province. À ce jour, quelques-uns seulement ont fait l'objet de publications ou encore donné lieu à des appels téléphoniques pour précision ou commentaire. Hormis quelques journalistes plus déterminés, on n'a évité de réaliser jusqu'ici des enquêtes véritablement sérieuses sur le cancer Desjardins, même si les faits et les documents sont là pour montrer l'extrême gravité de la situation. Qu'attend-on? Que les directions de médias permettent de faire des reportages sur le sujet? Que les personnes près des médias et de Desjardins se rendent compte qu'il y a là un véritable drame vécu par des dizaines et des dizaines de milliers de Québécois?
M. Victor Lévy-Beaulieu a écrit un texte d'une force et d'une pertinence remarquables. Sera-t-il écouté? Il reflète plus qu'un état d'âme mais une réalité d'un observateur indépendant de la société québécoise, qui n'a aucun lien, faut-il le dire, avec ceux, comme les victimes dans le Regroupement, qui osent défier les méthodes d'intimidation et de destruction pratiquées par les dirigeants de Desjardins depuis des années?
Le Regroupement sait très bien que des millions de $ du Mouvement Desjardins sont versés en revenus publicitaires aux médias de la Province. Cela est déjà en soi un gros moyen de pression sur ceux-ci, d'autant plus grand si l'un ou l'autre média ou certains de leurs dirigeants ont des liens étroits avec Desjardins (par exemple: à titre de membre de conseil d'administration d'une caisse populaire ou client d'une caisse avec marge de crédit et autres engagements financiers qui les mettent en situation de dépendance virtuelle).
À l'heure où les Québécois subissent de jour en jour la réalité de l'appauvrissement, il est étonnant de constater que les médias n'enquêtent pas à fond sur les sources de ce phénomène et sur le rôle considérable du Mouvement Desjardins dans cette oeuvre de désorganisation de la société québécoise. Qu'il suffise de constater les faibles rendements du Mouvement Desjardins, les déclarations de Béland à l'effet qu'il serait gêné que ses sociétaires reçoivent un haut rendement sur leurs avoirs dans Desjardins, la pauvreté des rendements des fonds placés par l'entremise des composantes de Desjardins, les conflits d'intérêts qui y sont monnaie courante, etc...
Le Regroupement a mis en évidence l'absence de démocratie dans le Mouvement Desjardins. Cela est répandu à tous les niveaux, du sommet jusque dans les Caisses Populaires. Nombre de dirigeants ne se soucient même pas de faire respecter la Loi sur les Caisses d'épargne et de crédit. Les dirigeants au sommet vont même plus loin en imposant au gouvernement leur propre révision de la Loi sur les Caisses d'épargne et de crédit, cela supposant des gestes de complaisance de dirigeants politiques et bureaucratiques, tel l'Inspecteur général des Institutions financières dont le rôle, de plus en plus évident vis-à-vis du cancer Desjardins, est d'enterrer les révélations et les faits pour éviter que l'appareil politique soit trop sujet à questions sur ce qui se passe dans cette organisation. Par ses dossiers, le Regroupement sait pertinemment que, dans le cas de la Caisse Populaire St-Henri, le rapport rendu public n'avait comme seul but que d'éviter de faire sortir le vrai chat du sac, l'affaire étant beaucoup plus grave et impliquant d'autres Caisses. D'ailleurs, le Regroupement se demande toujours pourquoi l'Inspecteur général et le Ministre des Finances n'ont invoqué que dans ce seul cas une mesure d'exception, soit d'expulsion de dirigeants par décret ministériel, alors que les problèmes découverts dans St-Henri ont des copies ailleurs dans la Province, et d'autres dans la région même de Montréal.
M. Victor Lévy-Beaulieu et le notaire Carbonneau, dont les articles sont annexés au présent communiqué, ont lancé un véritable cri du coeur qui rejoint entièrement tous les constats faits par le Regroupement et les témoignages des victimes de Desjardins.
Combien de temps encore laissera-t-on les Québécois être victimes d'un système qui n'a plus rien à voir avec les principes et les valeurs du Fondateur, alors même que les 31 dirigeants obscurs du conclave Desjardins continuent à livrer le message faux qu'ils sont les dignes descendants du Fondateur et de tous ces Québécois qui ont bâti le Mouvement Desjardins? Rien dans la Loi des Caisses d'épargne et de crédit n'est prévu pour que les sociétaires puissent exercer un contrôle ou avoir un mot à dire sur ce que les dirigeants à la tête font, supposément en leur nom.