LE REGROUPEMENT APPUIE LE RAPPORT BARIL MAIS DEMANDE PLUS POUR LES VICTIMES DES ASSURANCES DE DESJARDINS
2 février 1997
Dans une lettre qu'il vient d'adresser au Ministre des Finances, M. Bernard Landry, le Regroupement souligne que le Rapport Baril apparaît reposer sur des considérations saines et pleinement acceptables, tout en questionnant certains aspects méritant des changements dans l'intérêt des consommateurs.
Dans cette lettre, le Regroupement s'interroge sur la valeur des arguments avancés par le Mouvement Desjardins et les banques pour s'immiscer dans la vente en direct d'assurances dans leurs succursales. Personne n'a pu établir à ce jour que ce projet serait à l'avantage des consommateurs, la preuve étant dans le fait que plus ces institutions s'approprient des pouvoirs, plus elles s'éloignent de leurs clientèles et n'ont plus à leur demander de comptes, le sujet des frais bancaires étant un bel exemple de cette domination des institutions sur les consommateurs de leurs services. Les institutions financières tentent par tous les moyens, à l'heure actuelle, de rendre captifs les consommateurs, ce qui est contraire à la sagesse commune qui veut qu'on ne place jamais tous ses oeufs dans le même panier. Le Regroupement considère qu'en matière d'assurances, tous les fournisseurs de tels services doivent être traités sur le même pied et se faire imposer des normes similaires, notamment en matière de certification du personnel en cause.
En ce qui concerne le Mouvement Desjardins, le Regroupement rappelle au Ministre des Finances des failles majeures dans les assurances-invalidité de Desjardins (prêts personnels et commerciaux, hypothèques, salaires). Même s'ils paient des primes pendant des années, ce n'est que le jour d'une réclamation qu'ils se rendent compte qu'ils ne sont pas assurés et assurables et qu'on les accuse d'avoir fait une fausse déclaration. Les problèmes interminables commencent alors, ce qui est démontré à travers tout un ensemble de cas portés à l'attention du Regroupement par des victimes de ce système. Desjardins dépense des millions de $ à chaque année en avocats pour faire en sorte de ne pas avoir à payer de réclamations. Le problème est fort grave et touche tous les Québécois qui ont pris une telle assurance auprès des instances de Desjardins. Le Regroupement dénonce cet abus réalisé sur le dos des Québécois.
Pour ce qui est du rapport Baril, le Regroupement rappelle au Ministre des Finances les recommandations qu'il a faites en septembre 1996 dans son mémoire à la Commission parlementaire, soulignant qu'elles sont plus pertinentes que jamais. Il souhaite donc qu'on y porte attention, en particulier pour ce qui est du règlement des préjudices causés aux victimes et de la nécessité de créer une commission de l'indemnisation et d'envisager des protections légales supplémentaires des consommateurs face au Mouvement Desjardins. Le Regroupement croit en un ombudsman, mais seulement s'il a des pouvoirs réels et une totale indépendance. La commission précitée pourrait jouer adéquatement ce rôle, tout en étant dédié aux intérêts des consommateurs pour l'ensemble des questions d'assurance.
Les consommateurs sont bafoués dans leurs droits les plus élémentaires lorsque des lois sont conçues à l'avantage de groupes d'intérêt, que ce soit le Mouvement Desjardins ou les banques. L'objectif de ces derniers tient davantage de l'augmentation de leurs pouvoirs que d'une amélioration des services.