UNE AUTRE CAISSE POURSUIVIE POUR DES MAGOUILLES PEU ORDINAIRES: LA CAISSE ST-LAURENT À MONTRÉAL
21 octobre 1996
Les frères Lafond (André, Jean-Louis et Jacques) ont goûté de belle façon à ce que le Président, Claude Béland, appelle la coopération et l'entraide dans le Mouvement Desjardins. Le résultat final est une véritable affaire de complot, de conflits d'intérêts, de tripotages en tous genres accompagnés de manoeuvres plus que douteuses d'avocats et de notaires. L'autre résultat, fort grave, est d'avoir mis en danger la santé de personnes qui ont eu comme seul problème d'avoir décidé, en toute bonne foi, de faire affaires avec une Caisse Populaire, ce qui leur a été imposé par l'intervenant au dossier, soit les Pétroles Crevier Inc. Ce cas est une autre manifestation de l'arrogance de Béland lorsqu'il a affirmé le 24 septembre dernier devant les journalistes de la presse parlementaire: "Je voudrais qu'on me présente un seul cas qui ne s'est pas réglé hors cours ou à l'amiable."
Les frères Lafond opèrent une station d'essence, le long de l'autoroute Jean-Lesage et ont l'intention d'en ouvrir une autre à St-Hyacinthe sur des terrains qu'ils possèdent. La première est sous la bannière Sergaz, qui est en voie de passer alors sous Ultramar. Ils se font proposer au début de 1994 de faire affaires avec les Pétroles Crevier Inc. de Ville St-Laurent. Toutefois, comme le montrent les bilans des compagnies des Lafond, ils ne sont aucunement en mesure de faire un emprunt de 600 000$. Pétroles Crevier leur demandent de se présenter à la Caisse St-Laurent et qu'ils vont y obtenir tout l'argent nécessaire. Ils se font effectivement refuser et ne remplissent même pas de demande de prêt. Peu après, les Pétroles Crevier leur demande de se représenter à la Caisse et qu'ils vont obtenir tout l'argent nécessaire sur l'affirmation verbale de Crevier qu'il endossait l'ensemble de l'emprunt. Sans se douter de ce qui se passe, les Lafond retourne à la Caisse et obtiennent effectivement les sommes mais découvrent en même temps qu'ils sont embarqués dans une belle magouille alors que Crevier n'a jamais endossé. Il les a bluffés tout simplement! Ils sont maintenant prisonniers d'un emprunt qu'ils ne recevront pas au complet pour des raisons curieuses et de l'incroyable saga qui a suivi.
Les Lafond découvrent finalement que ce Jean Crevier est sur la commission de crédit de la Caisse St-Laurent au moment où les tractations précédentes se passent et qu'il est au centre de toute la magouille. En plus, le notaire Dutrisac, présent au dossier, est lui-même sur le Conseil d'administration de la Caisse.
Devant la gravité de l'affaire et les conséquences financières et autres pour eux, les Lafond ont intenté des poursuites contre la Caisse St-Laurent, Pétroles Crevier et Jean Crevier. Les actions ont été déposées depuis le 26 juillet 1996 et une révision sera présentée dans les prochaines heures au Palais de Justice de Montréal. Les poursuites dépasseront le million de $.
Ce cas illustre de nouveau parfaitement à quel point le Mouvement Desjardins est corrompu par l'intérieur et que des individus, supposément bénévoles, assis sur les instances de direction, et des employés cadres, se servent de leurs fonctions pour couvrir des intérêts particuliers au détriment des sociétaires. En plus, le côté dangereux de la présente affaire, c'est qu'on a imposé aux Lafond de faire affaires avec la Caisse St-Laurent où Crevier se trouvait sur la Commission de crédit. Il a été déplacé de cette fonction après une plainte déposée par M. André Lafond,
mais le mal était fait et les Lafond se trouvent maintenant devant la situation de perdre le peu qui leur risque par suite d'un véritable complot monté contre eux.
Les Lafond ont aussi fait jusqu'ici l'expérience d'avocats peu scrupuleux qui leur ont siphonné d'énormes frais sans faire le travail, se révélant même en conflits d'intérêt alors qu'ils défendaient eux-mêmes ou des collègues de leur bureau le Mouvement Desjardins ou encore des avocats qui avaient tout simplement peur d'affronter les avocats de Desjardins. L'étude des actions déposées et de l'historique de cette affaire va révéler encore une fois à quel point le Mouvement Desjardins a un cancer profond qui le ronge et que ce sont les sociétaires qui paient largement le prix de pratiques tout à fait contre nature, qui tiennent même du criminel.
Leurs avocats sont à finaliser toutes les procédures.
Les Lafond ont aussi fait l'expérience de l'arrogance et des façons de faire cavalières de Rock St-Jacques, le supposé Commissaire aux plaintes de Desjardins et de d'autres personnages de la Fédération des Caisses de Montréal qui n'ont d'autre rôle que de chercher à intimider et à enterrer les affaires sales qui se passent dans cette organisation. Il est de plus en plus évident que le système de justice québécois ne fait pas son travail face à de tels abus. Pourquoi? A-t-on peur des dirigeants de Desjardins? Ou y a-t-il des collusions malsaines protégeant des intérêts particuliers? Les Québécois ne méritent-ils pas un traitement plus professionnel et honnête de leurs affaires?