LE PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION DES CAISSES DE L'ESTRIE
PRIS AU PIÈGE -
LA VÉRITÉ L'A REJOINT ET COMMENT!

Le 4 février 1998 

Le Regroupement a débuté ses activités par l'étude de dossiers de la région de Sherbrooke, notamment les Caisses Sherbrooke-Est, Immaculée-Conception, Ste-Famille, Ste-Jeanne d'Arc et Caisse Sociale. Une conférence de presse tenue en mars 1996 avait initié la démarche. Une volumineuse documentation, fort compromettante, avait servi alors. Le Président de la Fédération des Caisses de l'Estrie, M. André Roy, avait déjà reçu une longue lettre du Regroupement, datée du 8 mars 1996, lettre qui faisait état de diverses irrégularités découvertes dans des Caisses de Sherbrooke. Cette lettre n'eut jamais de suite ni de réponse et le Directeur général de la Fédération, M. Albert Ouellet, s'est empressé de nier les révélations faites et de discréditer le Regroupement. C'était simplement une question de temps avant que la vérité n'apparaisse (cf. le mensuel le Juste Milieu de cette semaine).

Dès cette époque, les informations révélées par le Regroupement étaient tout à fait vraies. L'enquête s'est tout simplement poursuivie depuis et l'étau s'est resserré encore davantage sur le Président de cette Fédération, M. Roy. Suite à cette conférence de presse, M. Roy dût démissionner de son poste de président de la Caisse Immaculée-Conception, à peine 1 mois et demi après son élection à ce poste. Sa lettre de démission était un bijou de contournement des vrais motifs. C'était le rêve de sa vie de devenir président de cette Caisse.

Une nouvelle lettre adressée par le Regroupement à ce même individu en septembre 1996 mettait en évidence d'autres aspects douteux de ce qui se passait dans la région de Sherbrooke, notamment dans la Caisse dans laquelle M. Roy siégeait toujours au conseil d'administration. Il ne répondit pas davantage à cette lettre. Au cours de l'automne 1996, les recherches se concentrèrent sur des sociétés dans lesquelles celui-ci aurait eu des activités au cours des années antérieures (une firme de planification financière, sa firme de consultants, les sociétés en commandite Slater et Meighen, le projet Tours de Liesse à Montréal). Dans le cas du projet Tours de Liesse, le Regroupement fut aussi en contact avec un groupe de victimes de la région de l'Estrie lésées dans celui-ci. Il fut constaté dès lors que M. Roy était un personnage central dans toutes ces affaires, que le Directeur Général de la Fédération et celui de la Caisse Immaculée-Conception étaient très au fait.

Il y avait davantage: en décembre 1996, le Regroupement apprenait que la Caisse Immaculée-Conception, dans laquelle le Président de la Fédération était toujours sur le conseil d'administration, avait accordé des quittances à trois des personnes victimes dans le projet Tours de Liesse, projet dans laquelle cette Caisse s'était retrouvée impliquée dans une partie du financement. Au total, il y avait 51 personnes, surtout de l'Estrie, qui avaient acheté 82 condos dans le projet Tours de Liesse. Pourquoi avoir réglé avec 3 seulement et non pas avec toutes les autres qui avaient des obligations financières avec la Caisse? Il appert que la Caisse était dans l'embarras et était convaincu que ce geste ne serait pas connu des autres victimes et des sociétaires. On voulait protéger l'image de la Caisse et du Mouvement Desjardins mais aussi de M. Roy et du Directeur général, M. Lussier, qui ont tous deux, répétons-le, joué un rôle majeur dans le dossier Tours de Liesse notamment.

Au début de janvier 1997, le Regroupement révéla l'affaire des quittances ainsi que quelques autres éléments du dossier, notamment que M. Roy avait été impliqué directement dans une firme de planification financière de Sherbrooke, en plus d'avoir sa propre firme de consultants et d'être professeur à l'Université de Sherbrooke, etc...

Dans l'entretemps, ce même Roy avait intenté une action contre le porte-parole du Regroupement, Jean-Yves Desrosiers, pour supposément atteinte à sa réputation et avoir dit de prétendus "mensonges". Dès janvier 1997, les faits révélés montraient que le Président de la Fédération des Caisses de l'Estrie était dans le pétrin et qu'il avait menti. Des médias de Sherbrooke ont d'ailleurs enregistré ses déclarations. Le Journal la Tribune est demeuré complètement silencieux, même s'il avait en main bien des documents. Pourquoi? La population de la région a commencé à comprendre que quelque chose de peu normal se passait dans son coin de pays.

Le Regroupement a acquis la preuve que M. André Roy, Président de la Fédération des caisses de l'Estrie, l'un des seniors de la direction du Mouvement, qu'on dit même l'éminence grise derrière Claude Béland et son grand ami, ancien président avant de redevenir membre du conseil d'administration de la Caisse Immaculée-Conception, etc... a bel et bien été impliqué comme associé dans une firme de planification financière, a intéressé des gens, y compris des personnes de sa propre Fédération, à acheter des condos. Le président du Mouvement Desjardins lui a même demandé de lui écrire une lettre pour le couvrir, lettre très compromettante par son contenu pour MM. Roy, Béland et D'Amour, le Vérificateur interne du Mouvement.

On y découvre notamment que ce dernier aurait fait produire un rapport d'inspection pour nier les faits révélés par le Regroupement. Plusieurs hauts dirigeants du Mouvement ont contribué à cacher ce scandale jusqu'à maintenant. Une analyse détaillée du cas de la Caisse Immaculée-Conception est introduite dans le site Internet du Regroupement à la section Études de cas (). Le Regroupement et son porte-parole ont bien dit la vérité.

Ces découvertes confirment encore davantage la nécessité d'une enquête publique sur le Mouvement Desjardins, et cela dans les plus brefs délais. La pétition du Regroupement, en marche depuis quelques mois déjà, entend exiger la tenue d'une telle enquête. Toutefois, devant tout ce qui se révèle sur le Mouvement Desjardins, le Gouvernement du Québec devrait comprendre facilement qu'il se passe quelque chose d'anormal et déclencher lui-même le processus d'enquête. Veut-il protéger des amis influents dans le Mouvement Desjardins? Est-ce que les médias ont le doit de ne pas révéler la vérité à la population québécoise, simplement pour protéger l'image de Desjardins et éviter que le monde entier se rende compte d'un scandale qui a des proportions insoupçonnées?

Le Président de la Fédération des Caisses de l'Estrie se retrouve à la fois en situation de conflit d'intérêts, de mensonges flagrants et même de parjure puisque, lors des interrogatoires sous serment dans la poursuite qu'il a logée contre le porte-parole du Regroupement, il a clairement nié toute implication dans la firme de planification financière dans laquelle il est acquis qu'il a joué un rôle direct en tant qu'associé, bien plus étendu que ce qu'il a prétendu, même devant des journalistes.

Une affaire qui va connaître bien des rebondissements puisque le Président du Mouvement Desjardins devra maintenant expliquer pourquoi il a demandé à son grand ami Roy de lui écrire une lettre qui s'avère truffée d'inexactitudes et de faux-fuyants. Le Vérificateur interne du Mouvement devra de son côté rendre public le rapport d'inspection dans lequel il a conclu que Roy était blanchi.

Curieusement, celui-ci n'a même pas pris le temps de rencontrer diverses personnes directement en cause dans les projets qui ont conduit à la supposée enquête. Une véritable tentative de camouflage (cover up) qui explose à la figure de ses auteurs.

Le Journal le Juste Milieu (vol. 1, no.4) publiera, dans son édition du 5 février 1998, en kiosque à travers la province à compter de ce même jour, deux articles qui font référence à ce cas fort grave qui touche l'une des têtes dirigeantes du Mouvement Desjardins.

L'heure de vérité vient de sonner...