Le Regroupement s'adresse au Premier Ministre du Québec 

Le 27 octobre 1997

Devant la multiplication des dossiers et des informations qui lui entrent sur la FACE CACHÉE du Mouvement Desjardins, le Regroupement mesure l'ampleur du nettoyage qui s'impose mais aussi des dommages causés à des dizaines de milliers de Québécois et Québécoises par des administrateurs et cadres des diverses instances de ce Mouvement. Le Premier Ministre du Québec a déjà reçu quelques dossiers visant à le sensibiliser à ce qui se passe. Cela n'a pas eu de suite jusqu'ici bien qu'il ait toujours accusé réception aux lettres, ce qui est une attitude tout de même respectueuse comparativement au Ministre des Finances, M. Landry, qui ne daigne maintenant pas accuser réception à la correspondance du Regroupement depuis le début de 1997.

Quels intérêts ce dernier défend-il exactement? Ceux des hauts dirigeants de Desjardins et de leurs relations ou ceux des consommateurs de services financiers du Québec? On se le demande d'autant plus que le Gouvernement du Québec a accordé un droit de veto absolu aux dirigeants de Desjardins sur toute création de caisse d'épargne ou de caisse d'économie. Tout doit faire partie du giron Desjardins! Étonnant mais révélateur...

Le Regroupement a été mis au courant que le Gouvernement du Québec a accordé jusqu'ici des subventions à l'Association créée par M.Yves Michaud visant à provoquer des changements dans les banques vis-à-vis des petits épargnants et investisseurs. Le Regroupement n'a absolument rien contre le travail de M. Michaud. Au contraire, il est important et nécessaire dans les circonstances. Il fait même un excellent travail avec des ressources limitées, ce qui est tout à son honneur. Mais cela ne justifie pas le fait que le Ministre des Finances se refuse à reconnaître le droit à d'autres organismes de défendre les intérêts des Québécois face aux abus et autres pratiques douteuses omniprésentes dans le Mouvement Desjardins. Les révélations qui sortent régulière-ment sur ce dernier devraient déjà provoquer un débat public beaucoup plus important. Ce qui est perçu présentement, c'est davantage une volonté de camoufler la vérité et d'empêcher à tout prix les groupes qui s'organisent face à Desjardins, de faire leur travail.

La question posée au Premier Ministre est simple: y a-t-il deux poids, deux mesures? Des appuis faciles à ceux et celles qui vont s'attaquer aux banques et un cover up systématique pour ceux et celles qui vont oser toucher au Mouvement Desjardins, l'institution qui présente la plus grande concentration de problèmes de fond, problèmes qui vont à l'encontre des intérêts des sociétaires en tant que membres et clients-consommateurs de ses services. Veut-on y protéger des alliés politiques? Des gens y sont victimes de préjudices qu'aucune banque n'oserait faire à l'encontre de ses clients.

Le Regroupement a demandé une aide financière de démarrage. Le Ministre des Finances n'a toujours pas répondu à une lettre de mai 1997. Récemment, suite, semble-t-il à un appel venu d'un journaliste, un assistant du Ministre a écrit au Regroupement pour dire qu'il avait envoyé le dossier au Cabinet du Ministre Boisclair, qui, lui, nous a référé à l'Office de la Protection du Consommateur! L'assistant précité du Ministre des Finances a allégué que son Ministère n'avait pas de budget pour ce type de demande. Il faut se demander la source des fonds octroyés par le Gouvernement à l'Association de M. Michaud dans ce cas.

Quel intérêt a-t-on à empêcher la vérité de sortir sur le Mouvement Desjardins? La vérité a frappé de plein fouet Hydro-Québec, ce qui a forcé un grand nettoyage jusqu'ici.

Le Regroupement a été mis au courant des nombreux liens et même des échanges de personnel qui existent entre le Mouvement Desjardins et les hautes instances gouvernementales. Qui mène vraiment? Il faut se poser la question. A titre d'exemple, il appert que le projet de loi portant sur la révision de la Loi sur la distribution des produits financiers (projet de loi 134), qui a fait l'objet d'un rapport unanime par la Commission du Budget et de l'Administration de l'Assemblée Nationale (rapport Baril), a été rédigé à toutes fins pratiques par les gens de Desjardins. Il n'y a pas de fumée sans feu lorsqu'une telle information circule et qu'il est de notoriété publique que l'un des principaux responsables de ce dossier chez Desjardins, sinon le principal, est l'ancien Inspecteur général des Institutions financières, M. Jean-Marie Bouchard, qui est passé au Mouvement Desjardins, quelques mois à peine après avoir fait adopter la révision de lois touchant ce Mouvement à la fin des années '80, sans même qu'il y ait une consultation publique élargie! La démocratie à la mode Desjardins, quoi!

Le Regroupement appuie entièrement le rapport Baril mais il vise avant tout à s'assurer que les lois et réglementations québécoises en matière de produits financiers soient véritablement conçues pour le bien-être des Québécois, ce dont on doute fortement compte tenu de toutes les informations qui circulent sur les comportements du Mouvement Desjardins et de ses filiales en matière d'assurances, le cas le plus grave et qui touche des centaines de milliers de personnes étant tout ce qui entoure le contentieux sur l'assurance-hypothèque. Le Regroupement reviendra sur ce sujet et son site Internet aura une section spécifique (DOSSIER ASSURANCES) très bientôt.