DES DIRIGEANTS D'UNE CAISSE POPULAIRE DANS LE TROUBLE:
LE CAS DE LA CAISSE DE CHANDLER
Le 17 février 1998
Les nouvelles circulent vite en Gaspésie. Nous avons des visiteurs intéressés sur notre site Internet et les nouvelles se promènent. En retour, nous recevons des informations qui viennent confirmer la justesse de la démarche engagée pour nettoyer le milieu des caisses de cette région d'individus qui ont profité pendant des années de leur position pour agir contre l'intérêt des sociétaires et des résidents de cette magnifique région. Salutations donc aux Gaspésiens!
Nous espérons que vous aurez en main, un de ces jours, le rapport qu'a fait préparer le président de la Caisse de Gaspé et président de votre Fédération des caisses Desjardins pour couvrir les choses qui se passent dans sa Caisse. Ce n'est pas une lettre de complaisance du Vérificateur interne du Mouvement, lettre envoyée à l'Inspecteur général des institutions financières qui a ensuite dit que tout était beau et sans tache, qui peut être considérée comme une démarche sérieuse d'enquête. Ces gens se sont couverts entre eux comme le Vérificateur interne du Mouvement et l'Inspecteur général l'ont fait pour Jocelyn Proteau, président de la Fédération des caisses de Montréal et de l'Ouest du Québec ou pour André Roy, le Président de la Fédération des caisses de l'Estrie. Ces dirigeants se moquent tout simplement de la population. Ils se sont autovérifiés et, comme on l'avait annoncé avant Noël, on n'avait pas besoin de beaucoup d'imagination pour deviner qu'ils allaient se blanchir sans fournir les dossiers soumis à l'examen. On y reviendra.
Depuis quelques semaines, le Regroupement est au travail sur le dossier de Place du Havre, dossier dans lequel ont trempé directement des dirigeants de la Caisse de Chandler lorsque les événements se sont produits mais dont il reste au moins deux dirigeants encore en place, soit le président et le directeur général. De toute évidence, ces individus étaient convaincus que M. Jean-Paul Leblanc, celui qui a développé ce centre d'achat, était à terre à tout jamais. M. Leblanc n'a découvert qu'après coup, les manoeuvres profondément malhonnêtes utilisées par les personnages en cause, tels les Bouchard, Castilloux, Ritchie, Poirier, etc... pour s'approprier son centre d'achat. Il n'a su que plus tard que ces derniers s'étaient créés une compagnie par actions dont le seul but était de prendre possession de celui-ci lorsque le sort de M. Leblanc aurait été réglé et qu'on l'aurait évacué de la place.
Le Regroupement va exposer, étape par étape, les dessous de cette affaire scandaleuse que la Fédération des Caisses de la Gaspésie et des Iles-de-la-Madeleine a camouflé depuis des années. C'est tout un scandale. Ainsi, dans le cadre de la démarche de financement à long terme du projet, M. Leblanc avait négocié un protocole d'entente avec la Caisse de Chandler, dont M. Ritchie était le directeur général déjà à cette époque. Ce protocole spécifiait les détails des modalités de financement. C'est sur la base de ce protocole que fut signé un acte de fiducie (garanti sur des biens de M. Leblanc). En relation avec cet acte, un prêt de l'ordre de 500 000$ devait servir à payer une partie importante des coûts des travaux de construction du projet. Ce prêt, garanti par le gouver-nement fédéral, venait de Crédit Industriel Desjardins Inc. et avait fait l'objet de toutes les signatures et approbations habituelles. Sauf que l'argent n'a jamais été remis à M. Leblanc pour payer ses dettes auprès de ses fournisseurs. La Caisse et le directeur général s'en sont servis pour des fins contraires, à l'encontre des engagements signés. La Caisse a même pris en garantie des terrains de M. Leblanc. L'argent mis dans un compte en fidéicommis chez le notaire Dupuis ne fut pas utilisé pour payer les fournisseurs, la Caisse refusant. Les notaires au dossier se sont empressés de se payer à même ce compte en fidéicommis, ce qui représentait une somme substantielle. Il y a donc matière à une belle enquête.
Résulat prévisible: M. Leblanc et sa compagnie Gestion Inter-Gaspé Inc. se retrouvèrent vite en difficultés sérieuses. Les dirigeants de la Caisse, qui complotaient ensemble pour s'approprier Place-du-Havre, avaient décidé d'étouffer le projet pour faciliter la reprise de possession par la Caisse. Malgré les démarches de M. Leblanc et de sa compagnie, ils furent incapables de faire entendre raison aux gens de la Caisse et de Crédit Industriel Desjardins Inc. Le directeur général de la Caisse, M. Ritchie, avait signé un acte de fiducie sous de fausse représentation, sachant à l'avance qu'il ne serait pas respecté. M. Ritchie et ses associés n'attendaient que cela pour s'approprier Place-du-Havre par la voie de leur compagnie, Groupes Gest-Anses Inc. Ils ont manqué leur coup lorsque M. Leblanc découvrit le pot-aux-roses.
En fouillant le dossier, on découvre qu'un cadre de la Fédération des caisses de la Gaspésie et des Iles-de-la-Madeleine, M. Gilles Fortier, en même temps président de la Coopérative fédérée dans la région, qui aurait été congédié ou forcé à démissionner de la Fédération depuis, a aussi trempé dans l'affaire. Il est intervenu auprès de M. Leblanc pour lui acheter un commerce dans Place-du-Havre, alors que ce même Fortier était partie à la coopérative qui visait à s'approprier cette épicerie de M. Leblanc. Le grenouillage ne manquait donc pas. M. Leblanc avait fait des envieux. M. Leblanc était tout naïf à ce moment-là, ayant lui-même siégé à la Caisse populaire de Chandler et jamais, il n'aurait pu imaginer que de ses concitoyens en viendraient à lui voler, par les moyens les plus vils, son entreprise et son gagne-pain. Mais ils l'ont fait et, depuis, ont cru que l'affaire était enterrée. Belle erreur de leur part!
Si la Caisse de Chandler et la Fédération précitée se refusent à régler immédiatement ce dossier, il sera nécessaire que les sociétaires sortent au plus vite leur argent de cet établissement et le mettent en sécurité ailleurs. Les dirigeants de cette Caisse et de la Fédération ont trompé gravement les Gaspésiens. C'est la pire forme de mépris qu'on puisse imaginer, en plus d'être une démonstration que le Mouvement Desjardins et ses dirigeants ont renié les principes coopératifs et les valeurs humaines. Il est à espérer également que toutes les personnes et les organisations qui ont eu ou ont présentement des difficultés avec cette Caisse vont s'exprimer ouvertement et cesser d'avoir peur des représailles si elles parlent.
Les citoyens de Chandler ont tout intérêt à ce que M. Leblanc et sa famille soient compensés pleine-ment pour cette magouille incroyable et que les coupables soient punis, au niveau de la Caisse et de la Fédération, les deux institutions qui ont protégé ces gens à la moralité douteuse. Il est temps que justice soit rendue et que la Caisse de Chandler et la Fédération des Caisses de la Gaspésie et des Iles-de-la-Madeleine assument tous les dommages causés à M. Leblanc et sa famille. Est-ce que le Président de cette Fédération, le notaire Raymond Gagné, également président de la Caisse de Gaspé, aurait peur de la transparence dans ce cas également, puisqu'il n'a pas daigné jusqu'ici faire en sorte que justice soit rendue. Il attend peut-être un autre rapport bidon pour couvrir les agissements de la Caisse et de la Fédération. Qui sait? Il cherchera peut-être à bénéficier d'un tel document pour faire blanchir les dirigeants de cette Caisse qui est la plus importante, sinon parmi les plus importantes, de la Gaspésie. Ce scandale fait mal paraître le Mouvement Desjardins dans son ensemble, un bel exemple du cancer et de la pourriture qu'on y trouve. Il y a tout le moins des limites à exploiter des gens pour satisfaire les intérêts de quelques individus.