PROFITANT DU FAIT QU'UNE VICTIME NE PEUT SE DÉFENDRE EN COUR, FAUTE DE MOYENS FINANCIERS, LA CAISSE STE-JEANNE D'ARC SE PERMET DE DÉMOLIR UNE SOCIÉTAIRE ET DE NE PAS PAYER POUR LES PRÉJUDICES QUI LUI ONT ÉTÉ CAUSÉS

Le 7 octobre 1997

L'émission la Facture, en mai 1997, a fait état du cas de Mme Bibiane Proulx et de sa mésaventure peu ordinaire avec cette Caisse de Montréal et son Directeur général, Serge Chénier. Plus tard, au cours de l'été, le Regroupement a aussi révélé que ce même Directeur et sa Caisse avaient laissé sous le nom de Mme Proulx le compte d'électricité d'Hydro-Québec alors même que cette Dame n'était plus propriétaire des maisons qui lui ont été soutirées dans des circonstances anormales. Il fut enfin indiqué que le même Directeur de cette Caisse avait lui-même fait placer une cote 8 chez Equifax contre cette Dame, la pire cote, l'empêchant ainsi d'accéder à tout crédit et détruisant sa réputation. Malgré les nombreuses démarches menées par Mme Proulx, ce n'est qu'en septembre dernier que la cote 8 a été enlevée et que Mme Proulx a récupéré d'Hydro-Québec une partie tout au moins des sommes qui lui sont dûes relativement aux frais d'électricité. Des vérifications restent à faire, Mme Proulx faisant état d'écarts entre les sommes reçues et les sommes effectivement dûes.

Au cours de l'été, Mme Proulx a soumis son dossier au Président du Conseil de surveillance de la Fédération pensant ainsi obtenir justice. Celui-ci s'est retrouvé finalement entre les mains de M. Couture, le Secrétaire général de la Fédération des Caisses populaires de la région de Montréal et de l'Ouest du Québec et en même temps responsable des plaintes dans cette Fédération. Il était donc juge et partie et on ne pouvait se surprendre des conclusions qu'il allait tirer.

Le porte-parole du Regroupement avait été mandaté par Mme Proulx pour aider au règlement de son cas. Les dirigeants de la Fédération ont ignoré ce fait jusqu'à maintenant. Ils ne voulaient surtout pas qu'il soit impliqué dans la solution du problème par cette Caisse. Après plusieurs mois d'attente, M. Couture de la Fédération a demandé à Mme Proulx de venir le rencontrer toute seule à ses bureaux au Complexe Desjardins. Dans un premier temps, il y eut refus d'une telle réunion, notamment parce que le Mouvement Desjardins n'avait toujours rien résolu dans son cas ni soumis quelques propositions écrites, sans oublier le fait qu'elle était traumatisée par l'injustice dont elle est victime. Dans un second temps, Mme Proulx accepta une rencontre mais pas seule. Elle exigea que le représentant du Regroupement y assiste et que la réunion ait lieu ailleurs que dans les bureaux de Desjardins. M. Couture accepta finalement cette façon de faire.

La réunion eut effectivement lieu à la fin de septembre 1997 avec M. Couture et un collègue en présence de Mme Proulx, du porte-parole du Regroupement, Jean-Yves Desrosiers, et d'un avocat, Me Daniel Fabien de Montréal pour conseiller Mme Proulx. M. Couture fit part de son analyse "objective" du dossier de Mme Proulx pour conclure que tout était correct du côté de la Caisse Ste-Jeanne d'Arc et que Mme Proulx n'était finalement victime que d'une malheureuse malchance. Bien entendu, M. Couture n'avait retenu que les éléments qui faisaient son affaire dans le dossier. Autrement dit, il envoyait promener cette Dame.

Fait aggravant, malgré les démarches de Me Fabien pour faire entendre raison au représentant du Mouvement Desjardins, celui-ci fut informé qu'il n'était pas question d'accorder un dédommagement pour les préjudices causés par la Caisse Ste-Jeanne d'Arc à l'encontre Mme Proulx. Si elle voulait aller plus loin, elle n'avait qu'à déposer une action en Cour. M. Couture sait parfaitement que cette Dame est tout à fait sans moyens financiers depuis la manoeuvre douteuse commise à son encontre par la Caisse précitée.

En fait, phénomène observé ailleurs au Québec, le Mouvement Desjardins a décidé de jouer la carte de l'incapacité d'une sociétaire de se défendre adéquatement pour lui fermer la porte et maintenir à son égard une grave injustice. De cette façon, cela sert au Président du Mouvement Desjardins qui a déjà dit devant les journalistes: "...Je voudrais qu'on m'amène un seul cas qui ne s'est pas réglé hors cours ou à l'amiable..." Une façon d'y arriver, outre le fait que l'on sait que des milliers de causes sont déjà dans les Cours, est de s'assurer que les personnes soient éliminées bien avant d'avoir la chance de se défendre en Cour. Il est un fait connu que le système québécois de justice est de moins en moins accessible pour les citoyens d'ici, celui-ci étant réservé aux personnes qui ont des moyens financiers importants.

Rappelons que le Regroupement s'occupe de deux autres cas d'abus graves commis dans cette Caisse, soit ceux de M. Armand Cyr et de Mme Huguette Gagnon. Dans ce dernier cas, des dommages à son immeuble sont toujours en litige, la Dame et la Caisse ayant le même propriétaire des compagnies d'assurance, soit Desjardins. Les mesures dilatoires prises par la Caisse depuis un bon bout de temps visent simplement à faire en sorte que cette Dame soit obligée de laisser l'immeuble à la Caisse puisqu'elle y a son financement hypothécaire. Ce faisant, on s'assure de se débarrasser du problème en éliminant la Dame de la place. C'est cela l'entraide et la coopération à la mode Desjardins! Détruire des sociétaires qui ont décidé de défendre leurs droits!

Les dirigeants de la Fédération des Caisses de Montréal et de l'Ouest du Québec et les hautes instances du Mouvement Desjardins croient encore que les honnêtes Québécois et Québécoises qui se font "floués" par l'une ou l'autre composante du système vont continuer à s'écraser sans dire mot et sans se défendre. Le cas de Mme Proulx et les deux autres à la Caisse Ste-Jeanne d'Arc sont une magnifique illustration des abus que se permet une organisation qui a été détournée de sa véritable raison d'être, soit une coopérative au service de ses sociétaires-propriétaires.

Le combat pour défendre des victimes comme Mme Proulx ne fait que commencer. Est-ce que les dirigeants du Mouvement Desjardins vont s'entêter encore longtemps dans le mépris des gens ordinaires et sans moyens véritables de défense? Le cas de Mme Proulx n'est pas unique. Des milliers de personnes sont victimes du système Desjardins. L'appauvrissement des Québécois commence au sein même de cette institution dont ses dirigeants cherchent encore à sauver l'image à tout prix.

Y a-t-il une justice pour les gens du peuple? Pas dans l'univers Desjardins...! Une affaire à suivre...