Le 17 décembre 1997
Monsieur,
Même si vous avez la mauvaise habitude de ne pas répondre au courrier et de vous retrancher dans votre tour pour ignorer les dégâts causés par des gens de votre organisation à travers toute la province, nous vous faisons parvenir la présente pour vous donner un autre avertissement.
Vous avez décidé, au cours de la dernière année, de continuer à ignorer les victimes de votre système et à laisser votre organisation s'en prendre à d'autres personnes ou entreprises dont la seule erreur a été de faire affaires avec le Mouvement Desjardins. Le message se passe maintenant partout et les gens comprennent de plus en plus que, pour leur propre sécurité et celle de leurs avoirs, il faut éviter à tout prix cette institution qui n'a plus rien de coopératif, sans pour autant avoir les compétences pour gérer à la manière d'une banque. Avec le projet de loi 167, vous avez engagé un processus de décoopératisation de ce Mouvement sans demander au préalable l'avis de l'ensemble des sociétaires. C'est une bien belle manifestation d'arrogance et d'anti-démocratie.
Si vous avez un peu de conscience de ce qui se passe dans le monde réel, vous aurez sans aucun doute constaté que ce n'est pas beau du tout dans votre organisation et que vous contribuez à la misère, la faillite, la perte d'emplois de bien du monde au Québec. Nous vous le rappelons une dernière fois: ou vous réglez les préjudices et les dommages causés aux victimes, ou vous vous engagez dans un processus de révélations continues sur la place publique avec la conséquence que les Québécois vont réaliser qu'il faut au plus vite fermer ses comptes chez Desjardins. Et nous allons avoir un message si clair et probant qu'ils vont le faire.
Ce que vous avez vu cette année n'est qu'un début. Nous avons un matériel considérable à révéler sur les dessous peu reluisants de votre organisation et sur certains agissements de ses principaux dirigeants. En choisissant la mort lente du Mouvement, malgré toutes vos tentatives pour faire croire que tout va pour le mieux dans votre organisation alors qu'il vous faut faire des représentations auprès du gouvernement pour ne pas avoir à payer les détenteurs de la carte Visa Desjardins qui ont été victimes de votre non respect des lois québécoises, vous avez décidé de sacrifier votre organisation aux intérêts particuliers. Il y a quelque chose d'ubuesque dans vos propos publics et dans votre scénario d'apocalypse si le gouvernement ne vous permet pas de vendre de l'assurance dans les caisses. Nous aurons l'occasion de montrer les aberrations de votre raisonnement. On pourrait donner une longue liste illustrant la détérioration de celle-ci sous votre règne. Vous vous rappellerez certainement que je vous ai défini déjà comme le fossoyeur de Desjardins. Les événements et les faits nous donnent davantage raison de jour en jour. Vous n'avez pas fini d'entendre parler de nous, à moins que vous ne constatiez que la porte de sortie est votre meilleure voie d'avenir et que plus vite cela arrivera, mieux ce sera pour l'institution.
En terminant, prenez note que les Jacques Brossard, Rock St-Jacques, André Chapleau et autres ne seront jamais considérés comme des interlocuteurs crédibles. Ils doivent eux aussi faire partie du grand ménage qui s'impose dans votre organisation. Si vous ne l'avez pas encore compris, nous allons frapper à bien des endroits dans les semaines à venir. Ce qui vient de sortir dans la Fédération Richelieu-Yamaska et dans celle de la Gaspésie demeure un modeste début de notre part mais qu'on sait fort dérangeant pour vous, étant donné en particulier que votre principal adversaire, Jocelyn Proteau, ne manque aucune occasion de vous mettre dans l'embarras en vous rappelant votre manque de leadership ou vos hésitations. Visitez notre site Internet, c'est fort instructif. Nous allons nous occuper de votre ami Proteau après Noël d'une façon particulière.
Espérant que votre conscience s'ouvrira au monde réel et que vous descendrez de votre tour d'ivoire, vous ne pourrez éviter que le Mouvement Desjardins paie la facture pour les dommages causés à des dizaines et des dizaines de milliers de Québécois. Etre conscient est une bien lourde responsabilité et oblige de faire face à la musique, ce qui s'appelle assumer ses obligations, même les plus difficiles et les plus encombrantes. Autrement, bien des dirigeants, dépassés par les événements, recherchent des moyens artificiels ou le mensonge pour se déconnecter de cette réalité si troublante. Il vous reste à démontrer que vous n'avez pas perdu le contrôle sur votre organisation. Le nettoyage qui s'impose dans la direction de la Fédération des caisses de Montréal et de l'Ouest du Québec sera certainement un bon test pour vous.
Bien vôtre
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