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BERNARD LANDRY
et
CLAUDE BÉLAND


«Ce n'était pas n'importe quel consultant qui faisait pression sur le président du Mouvement Desjardins. »

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Texte pris sur VIGILE.NET

EXTRAITS

«Pluie de scandales»

«Lysiane Gagnon

La Presse Le samedi 23 mars 2002

Quel début d'année affligeant! A défaut de neige, ce qui s'est abattu sur le Québec est une pluie de scandales... les uns à la limite de la fraude, les autres à la limite de l'illégitimité, et tous d'autant plus troublants que dans chaque cas, l'on voit poindre l'existence d'un système bien implanté, qu'il s'agisse du bon vieux «patronage» à l'ancienne ou d'une forme sophistiquée de trafic d'influence.

* * *

Poursuivons jusqu'à Québec, où un autre genre de système, encore plus raffiné, avait été mis en place. Tout comme les bloquistes qui monnaient l'accès à des ministres péquistes pour garnir leur caisse électorale, les péquistes monnayaient l'accès à des programmes gouvernementaux théoriquement ouverts à tous et dont les critères sont pourtant bien définis.

Entreprises et individus étaient incités à passer par l'intermédiaire de lobbyistes qui se payaient au passage en empochant des pourcentages sur les subventions... et devinez donc la couleur politique de ces lobbyistes?

Certains étaient plus proches de l'ex-ministre Baril, qui était, soit dit en passant, responsable de l'organisation électorale du PQ. D'autres, comme le promoteur Sylvain Vaugeois, plus proches du ministre des Finances et futur premier ministre Bernard Landry. Ce dernier, en créant la Cité du multimédia (un projet conçu par M. Vaugeois), a permis au même Sylvain Vaugeois d'empocher plus d'un million de dollars, à coup de pourcentages sur la valeur des crédits d'impôt consentis aux compagnies qui s'y établissaient.

On ignorait que tant de lobbyistes pullulaient au Québec. On en découvre un nouveau chaque semaine.

Même Bernard Landry a été lobbyiste! En 1994, il a reçu une dizaine de milliers de dollars à titre de consultant auprès de M. Vaugeois, à qui il a permis d'entrer en contact avec Claude Béland du Mouvement Desjardins. La démarche, qui visait à régler un différend financier, a rapporté environ 250 000 $ à M. Vaugeois.

Notons bien que cela s'est produit à l'été 1994, alors que les sondages indiquaient que le PQ serait réélu, avec Bernard Landry à un poste stratégique. Ce n'était pas n'importe quel consultant qui faisait pression sur le président du Mouvement Desjardins.

Personne ne soupçonne M. Landry d'avoir créé cette Cité du multimédia, dont il est très fier, seulement pour renvoyer l'ascenseur à M. Vaugeois. Il n'empêche que le tableau d'ensemble est pour le moins troublant, et que l'on reste bouche bée devant le réseau d'intermédiaires mis en place par le gouvernement péquiste, réseau dont l'unique utilité semble avoir été de permettre aux amis du régime de s'enrichir en parasitant l'administration publique

N.B. Caractères gras et soulignements ajoutés par moi.

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«Concubinage politique»