(12 novembre 1997)
Depuis sa création en mars 1996, le Regroupement n'en finit pas d'accumuler les cas-problèmes et les exemples d'abus du Mouvement Desjardins dans le domaine des assurances. Le cas de l'assurance-hypothèque en est un bel exemple. Les assurances relatives à l'invalidité en sont un autre exemple patent. Dans ces deux cas, en plus du Regroupement, l'AIAPQ a fait réaliser des études concluantes par des experts indépendants. L'analyse des cas reçus au Regroupement a confirmé la gravité des gestes reprochés à Desjardins et ses filiales en assurances. Au cours des derniers mois, il a été fait état publiquement de pratiques peu honorables de Desjardins dans le dossier de l'assurance-automobile concernant les carrossiers, dans celui des bijoutiers et des systèmes d'alarme. En plus, il y a des informations qui ont circulé autour de l'assurance-voyage Desjardins et des assurances générales. Les médias en ont fait état à différents moments.
En fait, tout cela traduit des écarts de conduite fort sérieux chez Desjardins. Le Regroupement en a exposé plusieurs en septembre 1996 lorsqu'il fut invité à présenter son point de vue devant la Commission du Budget et de l'Administration qui étudiait le livre blanc du Ministre Landry sur la révision de la loi sur la distribution des produits financiers. Au cours des semaines suivantes, cette Commission a rendu public un rapport unanime qui a fortement offusqué le Ministre Landry puisque des députés osaient lui tenir tête au nom des régles les plus élémentaires de la démocratie. Ils avaient consulté et avaient estimé nécessaire de rejeter des éléments substantiels du projet du Ministre. Depuis, le Regroupement a appris que ce même Ministre avait décidé de passer à tout prix par dessus la tête des députés et de l'opinion publique pour satisfaire ses relations privilégiées chez Desjardins. Même plus, le Regroupement a réalisé que ce même Ministre n'avait pas soumis à la consultation de la Commission et de la population ses vraies intentions en la matière puisque le projet de loi en circulation présentement montre à l'évidence que des pans complets n'ont pas été examinés au départ. Maintenant, il tente d'imposer à toute vitesse l'adoption de son projet de loi. Il est plus que temps d'arrêter ces pratiques antidémocratiques.
Dans son mémoire de septembre 1996, mémoire qui est plus d'actualité que jamais, le Regroupement a mis en évidence des pratiques fort graves et dangereuses, particulières au Mouvement Desjardins, qui sont une manifestation de mépris et d'abus contre les consommateurs québécois. A l'heure actuelle, les problèmes vécus par des milliers et des milliers de Québécois qui ont eu ou ont le malheur de faire affaires avec le Mouvement Desjardins en matière d'assurances sont bien réels et ces gens en paient le gros prix dans des circonstances profondément déplorables. Il est urgent que les parlementaires portent attention à tous ces Québécois et Québécoises qui en ont assez de se faire exploiter par le Mouvement Desjardins, ce dernier dépensant des millions de $ chaque année pour le simple plaisir de briser les reins de ces gens qui osent contester les injustices dont ils sont l'objet. Le contentieux contre Desjardins en matière d'assurance est fort lourd et de conséquences.
Dans le cas présent, le Ministre Landry passe outre aux règles les plus élémentaires de respect des personnes et de la démocratie en ignorant les problèmes majeurs présents chez son principal groupe de pression, le Mouvement Desjardins. Ce n'est pas en accordant de nouveaux privilèges à ce dernier qu'on va améliorer la distribution des produits financiers au Québec. C'est tout simplement un écran de fumée, tout comme l'argumentation fallacieuse invoquée par le Ministre Landry et le Mouvement Desjardins à l'effet que ce dernier va disparaître si on ne lui accorde pas tout ce qu'il exige, et surtout la vente d'assurances dans les caisses populaires. Autre argument farfelu: la mondialisation. Si Desjardins veut vendre ses services à l'étranger, qu'il démontre au niveau international qu'il est capable et compétent pour le faire. Mais cela ne doit pas faire oublier que ses premiers clients, ce sont les sociétaires du Mouvement et que ces personnes sont ici au Canada. A l'heure actuelle, Béland et cie sont incapables de s'occuper adéquatement et honnêtement de cette clientèle. Pourquoi le Ministre Landry se refuse-t-il à comprendre cette réalité élémentaire?
Le Regroupement est en situation de dialogue presque quotidien avec des administrateurs en exercice et ex-administrateurs de caisses et avec du personnel cadre ou des anciens des Caisses. On nous confirme largement que le personnel ne veut pas vendre d'assurances et qu'il n'a pas les qualifications requises. Il faut que, chez Desjardins, le personnel vendant de l'assurance soit soumis aux mêmes normes et obligations que tout agent ou courtier d'assurances, ce qui n'est largement pas le cas présentement. Il y a plus puisque ces mêmes caisses et leurs employés se retrouvent en situation de conflits d'intérêt, en devant offrir des services à leurs sociétaires en même temps qu'ils doivent vendre des assurances de d'autres filiales, sur lesquelles ils n'ont aucun contrôle, en particulier quand ces filiales se refusent à payer les réclamations notamment et que les caisses sont obligées de prendre le parti de l'assureur contre le sociétaire, ce qui donne lieu à des abus manifestes.
La semaine dernière, le Président du Mouvement Desjardins a utilisé un vil chantage sur le Gouvernement du Québec en faisant croire qu'il allait devoir fermer des caisses en région si on ne lui accordait pas tout ce qu'il réclamait. Le vrai problème chez Desjardins, c'est que les sociétaires découvrent de jour en jour que les dirigeants de ce Mouvement ont détourné leur institution et qu'il n'est plus une coopérative, ne respectant pas les dispositions fondamentales de sa loi constitutive. Les preuves s'accumulent pour montrer l'ampleur de l'arnaque réalisée sur le dos des Québécois. Béland et sa cour impériale ont tout simplement perdu le contact avec la réalité et, en particulier, avec les sociétaires. Ceux-ci se sentent méprisés, bafoués.
Il y a tout un ensemble d'individus et d'organisations au Québec, dont certains médias sans doute trop dépendants du Mouvement Desjardins, qui se refusent à voir la vérité en face présentement. Plus encore, ces intervenants s'attachent à empêcher que la population en général ait l'occasion de prendre connaissance des abus et des irrégularités graves observés dans ce Mouvement, le volet assurances en étant un particulièrement lourd. Il est temps que les parlementaires québécois prennent leurs responsabilités et empêchent un Ministre et son Cabinet de biaiser l'exercice démocratique des droits des Québécois pour amplifier le contrôle et le pouvoir discrétionnaire exercés par quelques potentats en mal de puissance. Demain, il sera trop tard car les révélations sur le Mouvement Desjardins vont continuer sans arrêt.
Nous vous invitons à consulter régulièrement le site Internet du Regroupement car nous ne manquerons pas de mettre en évidence nombre d'informations et de cas concernant la face cachée du Mouvement Desjardins. L'ampleur du scandale va devenir une évidence! Ce dernier a toujours imposé ses vues aux parlementaires depuis nombre d'années, cela étant bien illustré par le cheminement suivi depuis les années '60 autour de la révision de la Loi sur les caisses d'épargne et de crédit. On a examiné les documents de l'Assemblée Nationale à cet effet. En décembre 1996, le Ministre Landry en a donné une belle illustration en manoeuvrant pour empêcher tout véritable débat sur la révision de cette Loi. Nous savons pertinemment que, ce faisant, il a neutralisé toute possibilité de nettoyer véritablement le "musée des horreurs" chez Desjardins.
Il est plus que temps aussi que les parlementaires fassent un inventaire de tout ce qui s'écrit dans les médias concernant le Mouvement Desjardins depuis les cinq dernières années. Nous sommes étonnés de la quantité de textes qui sont parus et de reportages à la télévision et à la radio. Nous en faisons un premier inventaire présentement car le site Internet du Regroupement va contenir une section Coupures de presse. C'est révélateur. Plus même, il serait temps que les députés et ministres se mettent à l'écoute de ces milliers et milliers de Québécois, victimes du Mouvement Desjardins et de ses composantes. Ils en apprendraient énormément comme on est à même de le constater nous-mêmes de jour en jour.
Il ne faut pas oublier que plusieurs milliers de causes, impliquant le Mouvement Desjardins, plus de 35 000, nous dit-on, sont devant les Cours de justice du Québec. Cela est un indice certain que quelque chose ne tourne pas rond. Nous savons aussi qu'à chaque jour, de nouvelles causes sont inscrites aux rôles des Palais de justice. Il est étonnant que le Président du Mouvement Desjardins lui-même, ce même personnage qui a utilisé le chantage pour imposer ses vues en regard du projet de loi sur la distribution des produits financiers, ait pu mentir en septembre 1996 en disant: "...Je voudrais qu'on m'amène un seul cas qui ne s'est pas réglé hors cours ou à l'amiable." Parmi les cas en Cour présentement, il s'en trouve une proportion significative qui touche les assurances et donc Desjardins et ses filiales.
Le Regroupement appuie toujours le rapport Baril et les parlementaires qui vont oser cette fois se tenir debout devant l'impérialisme du Mouvement Desjardins et de ses défenseurs à l'intérieur de l'appareil d'État. Se pourrait-il qu'il y ait une telle infiltration par le Mouvement Desjardins à l'intérieur du bureau de l'Inspecteur général des institutions financières et du Ministère des Finances que ces derniers soient désormais au service des intérêts particuliers uniquement de quelques dirigeants obscurs de ce Mouvement?
L'opération "bulldozer" du Ministre Landry est une attaque directe contre la démocratie. En bafouant la démarche suivie par les députés de l'Assemblée Nationale, il se trouve à rendre inutile l'exercice normal de la démocratie et donc tout mécanisme de consultation. Cela aura des conséquences sur l'ensemble de la vie en société au Québec. Est-on en voie de créer une société totalitaire sans le dire, une petite oligarchie qui décide de tout au Québec, en faisant fi de la volonté de l'ensemble de la population? Il y a des indices inquiétants!
Un
haut dirigeant s'est trahi en février 1997 dans le journal de l'assurance.
Dans un article originant de M. John Harbour, le numéro 2 de Desjardins,
celui-ci a tenu les propos révélateurs suivants: "On
ne se mettra pas de barrière, et on ne veut pas que le gouvernement
le fasse. Je ne laisserai personne m'en empêcher..." Dans
un tel contexte, il ne faut pas se surprendre de la façon cavalière
dont il traite présentement les employés dans le cadre de
sa "réingénierie".