LE REGROUPEMENT APPUIE LA PÉTITION DE L'ACEF RIVE-SUD
QUI S'OPPOSE À LA TAXE À BÉLAND

Le 22 mars 1998

Les dirigeants du Mouvement Desjardins ont pris la bien mauvaise habitude de passer par dessus la tête de leurs sociétaires pour leur imposer, sans leur avoir demandé leur avis, des frais de service en tous genres. La plus récente aberration chez Desjardins est venue de caisses de la rive sud de Montréal qui ont décidé d'imposer un montant de 3.00$ aux sociétaires dont le relevé ferait état d'un solde de moins de 100.00$ lorsque l'ordinateur de la caisse passera en revue les comptes courants des clients. C'est une mesure purement abusive, non justifiée et discriminatoire contre toute personne qui n'a pas le choix, en raison de sa situation personnelle, de se trouver avec un solde faible à un moment ou l'autre. C'est une taxe contre les plus démunis, contre les gens sans défense. Il faut la dénoncer.

Le Président de la Fédération des caisses de Montréal et de l'Ouest du Québec, Jocelyn Proteau, qui se paie à lui-même de généreux bonis, a annoncé, ces derniers jours, le maintien de cette mesure injuste. En fait, lorsque l'ACEF Rive-Sud a dénoncé cette taxe, l'intention derrière la tentative dans les dix caisses identifiées, était de l'étendre partout ailleurs dans la Province. Compte tenu que les caisses ont déjà le personnel en place, constituant des coûts fixes, il est inacceptable qu'on prétende chez Desjardins que les comptes de moins de 100.00$ représentent un coût additionnel important. Cela est un argument fumeux et non démontré. On veut tout simplement se débarrasser de ces sociétaires qui ne seraient pas à l'image de grandeur que veulent véhiculer certains dirigeants de Desjardins qui se promènent en Mercédès ou en BMW, dont Béland lui-même, avec chauffeur et garde du corps. C'est ça l'esprit coopératif dans la conception de Béland et de ses courtisans.

En plus de l'affaire de la taxe à Béland, il y a plus grave également du côté des frais de service chez Desjardins. Il n'existe toujours pas de documents qui publient la liste complète de tous les frais imposés par chacune des caisses populaires de la province, ceux-ci variant selon chaque établissement, selon l'hypothèse de leur autonomie. En plus, personne n'a encore étudié sur quelle base ces frais sont imposés exactement et les modalités d'application. Le Regroupement apprend de semaine en semaine de nouveaux dessous aux pratiques douteuses de Desjardins. Ainsi, pour s'assurer de maximiser les revenus de la Caisse, pour pouvoir déclarer des surplus toujours plus élevés pour répondre aux critères de performance des fédérations, les caisses appliquent des frais de découvert à partir de minuit dans la nuit précédent une journée normale d'opération, se donnant ainsi la possibilité d'appliquer immédiatement des frais de découvert, même si les gens ont jusqu'à 3h.00 l'après-midi après pour régulariser la situation. Les sociétaires voient bien les frais mais la majorité n'ose pas contester de crainte de représailles.

L'ensemble des frais imposés dans les caisses ne sont pas soumis à l'ensemble des sociétaires par voie d'une consultation préalable. L'ensemble des sociétaires d'une caisse ne recevra pas copie du projet de règlement à l'effet d'imposer ou d'augmenter des droits, ce qui va à l'encontre des principes démocratiques qui sont censés être à la base d'une institution qui se prétend coopérative comme Desjardins. Le Regroupement a constaté que les dirigeants, à tous les niveaux de Desjardins, se permettaient d'ignorer les dispositions prévues dans la Loi sur les caisses d'épargne et de crédit pour la convocation et l'information des sociétaires aux assemblées. N'étant pas informés, les sociétaires ne peuvent intervenir et peu à peu, ils se désintéressent ne se sentant pas concernés et motivés pour s'occuper des affaires de leur établissement.

Les sociétaires chez Desjardins ne se reconnaissent plus dans cette institution qui abuse d'eux de plus d'une façon. Ils apprennent également par les médias et par le Regroupement la nature des problèmes graves causés à des sociétaires par des dirigeants de ce Mouvement.

Le site Internet du Regroupement est de plus en plus consulté puisque l'essentiel des scandales chez Desjardins n'est pas rendu public. C'est un moyen essentiel pour les consommateurs de savoir ce qui se passe. Nous invitons d'ailleurs toutes les personnes qui consultent notre site sur Internet à diffuser notre information autour d'eux. C'est une magnifique façon de faire oeuvre de solidarité.

Le Regroupement constate de jour en jour que nombre de Québécois se sentent démunis devant ce qui leur arrive face à leur caisse populaire ou aux compagnies d'assurances de Desjardins. Ils se font écraser sans pitié et n'osent se défendre, n'en ayant souvent pas les moyens financiers ou la préparation intellectuelle pour s'opposer à un véritable rouleau-compresseur, qui se paie des avocats à coup de dizaines de millions de $ à chaque année, pour être certain de gagner.

Les ACEF font un travail fort important à travers la Province. Nous savons qu'elles reçoivent de plus en plus d'informations concernant ce qui se passe dans Desjardins. Des cas sont référés au Regroupement à l'occasion. Se pourrait-il que toutes nos organisations soient en voie de réveiller les Québécois à des réalités encombrantes?

Le dossier des assurances en est un bel exemple. Le Ministre des Finances essaie présentement de faire adopter en toute vitesse le projet de loi 188 (Loi sur la distribution de produits et services financiers) alors même que les consommateurs n'y sont pas véritablement au centre de la démarche et qu'en plus, aucune organisme de médiation n'est prévu pour recevoir et entendre leurs plaintes lorsque les compagnies d'assurance refusent de payer les réclamations ou abusent des gens en vendant des assurances collectives qui ne sont pas de véritables assurances et qui se révèlent un cauchemar au moment des réclamations. Le Regroupement documente de semaine en semaine ce dossier de nouveaux cas d'abus graves par les compagnies d'assurances de Desjardins.

Au cours des derniers jours, on a appris la naissance de deux coalitions, l'un contre le projet de loi 188, l'autre pour. Les deux invoquent leur intérêt à protéger les consommateurs, ce qui est plutôt curieux. Les préoccupations de ces derniers sont plutôt secondaires, les protagonistes des deux côtés ayant des intérêts commerciaux en tête. Il faudra les prendre au sérieux seulement lorsque les deux groupes précités demanderont à rencontrer sur une base officielle et commune, les différents groupes qui oeuvrent pour les consommateurs. On verra peut-être poindre alors une autre vision de ce qui doit être fait pour aider les consommateurs à s'y retrouver dans ce secteur des assurances.